Lettre des 138 savants musulmans.

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux A l’occasion du Eid al-Fitr al-Mubarak 1428 A.H. / October 13th 2007 C.E., et à l’occasion du Premier anniversaire de la Lettre Ouverte de 38 Savants Musulmans à S.S. le Pape Benoît XVI,

Une parole commune entre vous et nous

(Résumé et Abrégé)

Musulmans et chrétiens constituent bien ensemble plus de la moitié de la population mondiale. Sans la paix et la justice entre ces communautés religieuses, il ne peut pas y avoir de paix significative dans le monde. L’avenir du monde dépend donc de la paix entre musulmans et chrétiens. La base de cette paix et de cette compréhension mutuelle existe déjà. Elle fait partie des principes qui sont les fondations véritables des deux religions : l’amour du Dieu Unique, et l’amour du prochain. Ces principes sont énoncés à maintes reprises dans les textes sacrés de l’Islam et du Christianisme. L’Unité de Dieu, la nécessité de L’aimer, et la nécessité d’aimer le prochain constituent ainsi le terrain d’entente de l’Islam et du Christianisme.

En voici quelques exemples :

Cliquez sur l\'image pour voir en taille reelle. Sur l’Unité divine, Dieu dit dans le Saint Coran : Dis C’est Lui Dieu l’Un ! Dieu Se suffit à Lui-même ! (Al-Ikhlas, 112:1-2).
Cliquez sur l\'image pour voir en taille reelle. Sur la nécessité de l’amour de Dieu, le Coran révèle : Invoque sans cesse le Nom de ton Seigneur et communie intensément avec Lui !(Al-Muzzammil, 73:8).
Cliquez sur l\'image pour voir en taille reelle. Sur la nécessité d’aimer son prochain, le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a dit : « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre prochain ce que vous aimez pour vous-mêmes. »
Cliquez sur l\'image pour voir en taille reelle. Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ (sur lui la Paix) a dit : « Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. / Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force ’. C’est là le premier commandement. / Le second lui est semblable : ‘tu aimeras ton prochain comme toi-même’. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là ». (Marc 12:29-31)

Dans le Saint Coran, Dieu le Très-Haut enjoint les musulmans de lancer l’appel suivant aux chrétiens (et aux juifs – les gens des Ecritures) :
Dis : « Ô gens des Ecritures ! Elevez-vous à une parole commune entre vous et nous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. » S’ils s’y refusent, dites-leur : « Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission à Dieu est totale et entière. » (Aal ‘Imran 3:64)

L’expression : de ne rien Lui associer se réfère à l’Unité de Dieu, tandis que l’expression : de n’adorer que Dieu Seul renvoie au fait d’être dévoué totalement à Dieu.
Ainsi donc, elles expriment le premier et plus grand commandement. Selon l’un des plus anciens commentaires coraniques faisant autorité, l’expression : « et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu« , signifie “de ne pas obéir les uns aux autres en désobéissant à ce que Dieu a commandé”. Ici, c’est le second commandement qui est exprimé, car la justice et la liberté de religion sont des aspects centraux de l’amour du prochain.
Conformément au Coran nous, en tant que musulmans, invitons les chrétiens à s’accorder avec nous sur ce qui nous est commun, et qui constitue également l’essentiel de notre foi et de notre pratique : les Deux Commandements de l’amour.

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Que la paix et les bénédictions soient sur le Prophète Muhammad

UNE PAROLE COMMUNE ENTRE VOUS ET NOUS

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Appelle à suivre la Voie de ton Seigneur par la Sagesse et la bonne exhortation, et ne discute avec eux que de la meilleure manière. C’est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s’écarte de Sa voie, comme Il connaît le mieux ceux qui sont bien guidés. (Le Saint Coran, Al-Nahl, 16:125)

(I) L’AMOUR DE DIEU

L’AMOUR DE DIEU EN ISLAM

Les témoignages de foi

Le credo central de l’Islam consiste en deux témoignages de foi ou Shahadah [1], qui affirment : il n’y a de dieu que Dieu, Muhammad est l’envoyé de Dieu. Ces deux témoignages sont le sine qua non de l’Islam. Celui ou celle qui les prononce est un musulman ; celui ou celle qui les nie n’est pas musulman. D’autre part, le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a dit : « La meilleure invocation est : il n’y a de dieu que Dieu. » [2]

La meilleure chose que tous les Prophètes ont dite

Développant cette meilleure invocation, le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a dit aussi : La meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé – est la parole : “il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui le Royaume ainsi que la Louange, et Il est puissant sur toutes choses [3]. Les phrases qui suivent le premier témoignage de foi sont toutes tirées du Coran ; chacune décrit un aspect de l’amour et de l’adoration de Dieu.

Le terme Seul rappelle aux musulmans que leurs coeurs [4] doivent être consacrés à Dieu Seul, puisque Dieu dit dans le Saint Coran : Dieu n’a pas doté l’homme de deux coeurs (Al-Ahzab, 33:4). Dieu est Absolu, et l’adoration qui Lui est consacrée doit donc être totalement sincère.

L’expression Sans associé rappelle aux musulmans qu’ils doivent aimer Dieu uniquement, sans rival en leurs âmes, puisque Dieu dit dans le Saint Coran : Il est des hommes qui prennent en dehors de Dieu des associés qu’ils se mettent à aimer à l’égal de Dieu Lui-même ! Mais ce sont les croyants qui vouent à Dieu le plus grand amour. (Al Baqarah, 2:165). En effet, leurs peaux et leurs coeurs s’adoucissent à l’évocation de Dieu…. (Al-Zumar, 39:23).

L’expression : A Lui le Royaume rappelle aux musulmans que leurs pensées ou leurs compréhensions doivent être totalement vouées à Dieu, car le royaume correspond précisément à tout ce qui se trouve dans la création ou dans l’existence, et tout ce que la pensée peut connaître. Et tout est dans la Main de Dieu, puisque Dieu dit dans le Coran : Béni soit Celui qui détient le royaume et qui est Tout-Puissant (Al-Mulk, 67:1).
L’expression : A Lui la Louange rappelle aux musulmans qu’ils doivent être reconnaissants envers Dieu, et Lui faire confiance avec tous leurs sentiments et toutes leurs émotions.

Dieu dit dans le Saint Coran : Si tu leur demandes : « Qui a créé les Cieux et la Terre ? Qui a assujetti le Soleil et la Lune ? », ils répondront sûrement : « C’est Dieu ! » Pourquoi alors se détournent-ils de Lui ? N’est-ce pas Dieu qui prodigue Ses richesses ou les mesure à qui Il veut parmi Ses créatures, et dont la science englobe toute chose ? Et si tu leur demandes : « Qui fait tomber l’eau du ciel pour revivifier la terre après sa mort ? », ils répondront sûrement : « C’est Dieu ! » Dis : « Louange à Dieu ! » Mais la plupart d’entre eux ne raisonnent pas ! (Al-‘Ankabut, 29:61-63) [5]

Pour tous ces dons et plus encore, les êtres humains doivent toujours être sincèrement reconnaissants : C’est Dieu qui a créé les Cieux et la Terre. C’est Lui qui fait descendre du ciel une eau par laquelle Il fait produire des fruits pour vous nourrir. C’est Lui qui a mis à votre service les vaisseaux qui, par Son ordre, voguent sur la mer, comme Il a mis à votre service les rivières. Et c’est pour vous aussi qu’Il a assujetti le Soleil et la Lune à une gravitation perpétuelle, de même qu’Il a mis à votre service la nuit et le jour. Il a accédé à presque toutes vos demandes, au point que si vous essayiez de compter les bienfaits du Seigneur, vous ne sauriez les énumérer. Mais l’homme est pétri d’injustice et d’ingratitude. (Ibrahim, 14:32-34) [6]

En effet, la Fatihah – qui est le chapitre le plus important du Coran [7]– commence par la louange adressée à Dieu :
Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux Louange à Dieu, Seigneur des Mondes ! Le Clément, le Miséricordieux Le Roi au Jour du Jugement dernier C’est Toi que nous adorons ! C’est Toi dont nous implorons le secours ! Guide-nous dans la voie droite, La voie de ceux que Tu as comblés de bienfaits, non la voie de ceux qui ont mérité Ta colère ni celle des égarés !(Al-Fatihah, 1:1-7)

La Fatihah, récitée au moins dix-sept fois par jour par les musulmans dans les prières canoniques, nous rappelle la louange et la gratitude qui sont dues à Dieu pour Ses attributs de Bien infini et de Toute-Miséricorde ; pas seulement pour Sa bonté et Sa miséricorde à notre égard en cette vie, mais, en dernière instance, le Jour du Jugement [8] quand elles compteront le plus, et quand nous espérerons être pardonnés pour nos péchés.

La Fatihah finit par des demandes de grâce et de guidance, pour que nous puissions atteindre – à travers ce qui commence par la prière et la gratitude – le salut et l’amour, car Dieu dit dans le Saint Coran : Ceux qui auront cru et accompli de bonnes oeuvres, le Miséricordieux sera pour eux Plein d’amour. (Maryam, 19:96)
L’expression : Il est Tout-Puissant sur toutes choses rappelle aux musulmans qu’ils doivent garder à l’esprit la Tout-Puissance divine et craindre Dieui [9] Dieu dit dans le Coran : … Craignez Dieu et sachez qu’Il est avec ceux qui Le craignent. / Faites des largesses pour soutenir la Cause de Dieu ! Ne vous exposez pas, de votre propre initiative, à la perdition ; mais agissez de la manière la plus bienfaisante, Dieu aime les gens vertueux. (Al-Baqarah, 2:194-5)…
Craignez donc Dieu et sachez que Dieu est implacable quand Il sévit. (Al- Baqarah, 2:196)

A travers la crainte de Dieu, les actions et la force des musulmans devraient être totalement vouées à Dieu. Dieu dit dans le Saint Coran : …Et sachez que Dieu est avec ceux qui Le craignent. (Al-Tawbah, 9:36) …. Ô vous qui croyez ! Qu’avez-vous à rester cloués au sol, lorsqu’on vous dit : « Allez combattre pour la Cause de Dieu ? » Préférez-vous la vie présente à la vie future ? Mais les plaisirs de cette vie ne sont-ils pas bien peu de chose ? / Si vous refusez d’aller au combat, Dieu sévira durement contre vous, et choisira un autre peuple que vous pour Le servir, sans que vous puissiez Lui nuire en quoi que ce soit, car Sa puissance n’a point de limite. (Al-Tawbah, 9:38-39)

***

L’expression : A Lui le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, prise dans son ensemble, rappelle aux musulmans que, de même que tout dans la création glorifie Dieu, tout en eux doit adorer Dieu :
Tout ce qui est dans les Cieux et sur la Terre glorifie Dieu ; à Lui appartient le Royaume et la Louange, et Il est puissant sur toutes choses.(Al-Taghabun, 64:1)
Car, en effet, tout ce qui est dans les âmes humaines est connu de Dieu, et Il en peut demander compte :
Il sait ce qu’il y a dans les Cieux et sur la Terre, et Il connaît ce que vous cachez et ce que vous divulguez. Et Dieu est parfaitement Informé de ce que renferment les poitrines des hommes. (Al-Taghabun, 64:4)

Comme nous pouvons le voir à partir des passages cités plus haut, les âmes sont dépeintes dans le Saint Coran comme étant douées de trois facultés principales : la pensée ou l’intelligence, qui est faite pour comprendre la vérité ; la volonté qui est faite pour la liberté de choix ; et le sentiment qui est fait pour aimer le bien et le beau [10] En d’autres termes, nous pourrions dire que l’âme humaine connaît, à travers la compréhension, la vérité, à travers la volonté, le bien, et à travers des émotions vertueuses et le sentiment, l’amour pour Dieu. En continuant dans la même sourate du Coran mentionnée précédemment, Dieu ordonne aux gens de Le craindre autant que possible, et d’écouter (et donc de comprendre la vérité), d’obéir (et donc de vouloir le bien), et de dépenser (et donc d’exercer l’amour et la vertu), ce qui, dit-Il, est meilleur pour nos âmes. En engageant tout ce qui constitue nos âmes – les facultés de connaissance, de volonté et d’amour – nous pouvons parvenir à être purifiés, et atteindre la réussite ultime :

Craignez donc Dieu autant que vous le pouvez ! Ecoutez, obéissez, dépensez, dans l’intérêt de vos âmes, car ce sont ceux qui se prémunissent contre leur propre avarice qui seront les bienheureux.(Al-Taghabun,64:16)

***

En bref, lorsque la phrase entière : Seul et sans associé, à Lui le Royaume et la Louange, et Il est puissant sur toutes choses, est ajoutée au témoignage de foi – il n’y a de dieu que Dieu –, cette expression rappelle aux musulmans que leurs coeurs, leurs âmes individuelles ainsi que toutes les facultés et les capacités de leurs âmes (ou simplement leurs coeurs et leurs âmes en entier) doivent être totalement voués et attachés à Dieu. Ainsi Dieu dit-Il au Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) dans le Saint Coran :

Dis : Ma prière et mes actes de dévotion, ma vie et ma mort sont entièrement voués à Dieu, Seigneur des Mondes, / qui n’a point d’associé. Tel est l’ordre que j’ai reçu et auquel je suis le premier à me soumettre. / Dis : Devrais-je chercher un autre maître que Dieu, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ? Nul ne commet le mal qu’à son propre détriment, et nul n’aura à assumer les fautes d’autrui. (Al-An’am, 6:162-164)

Ces versets résument la parfaite et complète dévotion du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) à Dieu. C’est pourquoi, dans le Saint Coran, Dieu recommande aux musulmans qui aiment Dieu de suivre l’exemple prophétique [11],afin d’être aimé en retour [12] par Dieu : Dis (Ô Muhammad, aux êtres humains) : Si vous aimez Dieu, alors suivez-moi ; Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Dieu est Plein de Pardon et de Miséricorde. (Aal ‘Imran, 3:31)

L’amour de Dieu, en Islam, fait donc partie intégrante de l’adoration complète et totale de Dieu ; il ne consiste pas en une émotion partielle et vague. Comme nous l’avons vu plus haut, Dieu commande dans le Coran : Dis : Ma prière et mes actes de dévotion, ma vie et ma mort sont entièrement voués à Dieu, Seigneur des Mondes, / qui n’a point d’associé. Cet appel à être totalement voué et attaché à Dieu, coeur et âme, loin d’être un appel à une simple émotion ou une humeur, est en fait une injonction qui requiert un amour constant, actif et complet pour Dieu. Il exige un amour auquel le coeur spirituel le plus intérieur ainsi que l’ensemble de l’âme – avec son intelligence, sa volonté et son sentiment – prennent part à travers la dévotion.

***

Personne n’accomplit chose meilleure

Nous avons vu combien la phrase bénie : Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses – qui est la meilleure chose que les prophètes ont dite – explicite ce qu’il faut entendre par la meilleure invocation (Il n’y a de dieu que Dieu), en montrant ce qu’elle exige et entraîne, à travers la dévotion. Il reste à dire que cette formule bénie est aussi en elle-même une invocation sacrée – une sorte d’extension du Premier témoignage de foi (Il n’y a de dieu que Dieu), dont la répétition rituelle peut apporter, à travers la grâce de Dieu, certaines des attitudes dévotionnelles qu’elle exige, c’est-à-dire aimer et adorer Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa pensée, de toute sa volonté ou sa force, et de tous ses sentiments. Ainsi le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a-t-il recommandé cette invocation en disant :
Ceux qui répètent cent fois par jour : « Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses », cela équivaut pour eux à libérer dix esclaves. Cent bonnes actions sont inscrites pour eux, et cent mauvaises actions sont effacées. Cette formule ainsi répétée est une protection contre le diable pour cette journée jusqu’au soir. Personne n’accomplit chose meilleure que celle-ci, excepté celui qui fait davantage. [13]

En d’autres termes, l’invocation bénie : Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, n’exige et n’implique pas seulement que les musulmans doivent être totalement voués à Dieu et L’aimer avec tout leur coeur, toute leur âme, et tout ce qui est en eux.
Cette invocation leur permet, comme son début (le témoignage de foi) – à travers sa répétition fréquente [14] – de réaliser cet amour avec tout leur être. Dans l’une des toutes premières révélations dans le Coran, Dieu dit : Invoque le Nom de ton Seigneur et consacre-toi à Lui totalement. (Al-Muzzammil, 73:8).

L’AMOUR DE DIEU : PREMIER ET PLUS GRAND COMMANDEMENT DANS LA BIBLE

Le Shema dans le Livre du Deutéronome (6:4-5), un élément central de l’Ancien Testament et de la liturgie juive, énonce : Ecoute, Ô Israël : le Seigneur, notre Dieu, le Seigneur est Un ! / Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force.I [15]

De même, dans le Nouveau Testament, lorsque Jésus-Christ, le Messie (sur lui la Paix), est interrogé à propos du plus grand commandement, il répond :
Les pharisiens ayant appris qu’il avait réduit les sadducéens au silence, se réunirent, et l’un deux, docteur de la Loi, vint lui poser cette question pour le mettre à l’épreuve : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ton intelligence. C’est là le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements procèdent toute la Loi et les Prophètes. » (Matthieu 22:34-40)

Et ailleurs :

Un des scribes, les ayant entendu discuter, s’avança et, voyant que Jésus leur avait bien répondu, lui demanda : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus répondit : « Le premier, le voici : Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. C’est là le premier commandement. Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc 12:28-31)

Le commandement d’aimer Dieu complètement est donc le premier et le plus grand commandement de la Bible. En effet, on en trouve nombre d’occurrences à travers la Bible, comme : Deutéronome 4:29, 10:12, 11:13 (faisant aussi partie du Shema), 13:3, 26:16, 30:2, 30:6, 30:10 ; Joshua 22:5 ; Marc 12:32-33 et Luc 10:27-28.

Toutefois, en ces divers endroits de la Bible, ce commandement apparaît dans des formes et des versions légèrement différentes. Par exemple, dans Matthieu 22:37 (Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ton intelligence), kardia étant le terme grec pour « coeur », psyche celui pour « âme », et le terme dianoia pour « intelligence ». Dans la version de Marc 12:30 (Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute intelligence et de toute ta force), le mot « force » est ajouté aux trois termes susmentionnés, traduisant le terme grec ischus.

L’expression du docteur de la Loi dans Luc 10:27 (qui est confirmée par Jésus- Christ (‘a.) dans Luc 10:28 contient les mêmes quatre termes rapportés par Marc 12:30.
L’expression du scribe dans Marc 12:32 (qui est approuvée par Jésus-Christ (‘a.) dans Marc 12:34) contient les trois termes kardia (« coeur »), dianoia (« intelligence »), et ischus (« force »).

Dans le Shema du Deutéronome 6:4-5 (Ecoute, Ô Israël : le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un ! Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force), en hébreu le terme signifiant « coeur » est lev, le mot pour « âme » est nefesh, et le mot pour « force » est me’od.
Dans Joshua 22:5, les Israélites reçoivent de Joshua (sur lui la Paix) l’ordre suivant d’aimer et d’adorer Dieu :
« Soyez attentifs à accomplir le commandement et la loi que Moïse, le serviteur du Seigneur, vous a ordonnés : d’aimer le Seigneur notre Dieu, de marcher dans toutes Ses voies, de garder Ses commandements, de tenir fermement à Lui, et de Le servir de tout votre coeur et de toute votre âme. » (Joshua 22:5)

Ce qu’ont en commun toutes ces versions – malgré les différences de langage entre l’hébreu de l’Ancien Testament, les mots originels de Jésus-Christ (sur lui la Paix) en araméen, et la version grecque actuelle transmise dans le Nouveau Testament –, c’est de commander d’aimer Dieu totalement de tout son coeur et de toute son âme, et d’être pleinement voué à Dieu. C’est le Premier et le Plus grand commandement pour les êtres humains.

***

A la lumière de ce que nous avons vu comme nécessairement impliqué et évoqué par la parole du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) : La meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé – est la parole : “il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui le Royaume ainsi que la Louange, et Il est puissant sur toutes choses [16], nous pouvons à présent comprendre l’expression : La meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé – comme assimilant la formule bénie “il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui le Royaume ainsi que la Louange, et Il est puissant sur toutes choses, au « premier et plus grand commandement » qui consiste à aimer Dieu de tout son coeur et de toute son âme, suivant les différentes versions de la Bible. On pourrait dire que le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines), par inspiration divine, réaffirmait et exhortait au rappel du premier commandement biblique. Dieu sait mieux, mais nous avons certainement vu que leurs significations étaient effectivement similaires.

En outre, nous savons également (comme les notes finales l’indiquent), qu’il est possible d’établir un autre parallèle remarquable entre ces deux formules : le fait qu’elles apparaissent à plusieurs reprises dans des versions et des contextes légèrement différents, dont tous, néanmoins, soulignent la primauté de l’amour et de l’adoration totale de Dieu. [17]

(II) L’AMOUR DU PROCHAIN

L’AMOUR DU PROCHAIN EN ISLAM

On trouve nombre d’injonctions en Islam concernant la nécessité, et l’importance éminente, de l’amour pour – et de la miséricorde envers – le prochain. Aimer le prochain est une partie intégrante et essentielle de la foi en Dieu et de l’amour pour Dieu, parce qu’il ne peut y avoir, en Islam, de vraie foi en Dieu ni de droiture sans amour du prochain.

Le Prophète Muhammad (ç.) a dit : « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre frère ce que vous aimez pour vous-mêmes. » [18] Et aussi : « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre prochain ce que vous aimez pour vous-mêmes. » [19]

Cependant, l’empathie et la sympathie à l’égard du prochain – et même les prières formelles – ne suffisent pas. Elles doivent s’accompagner de générosité et du sacrifice de soi. Dieu dit dans le Saint Coran :
La piété ne consiste pas à tourner sa face [20] du côté de l’Orient ou de l’Occident ; la piété, c’est croire en Dieu, au Jugement dernier, aux anges, aux Livres et aux prophètes ; la piété, c’est donner de son bien – quelque attachement qu’on lui porte – aux proches, aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs et aux mendiants ; la piété, c’est aussi racheter les captifs, accomplir la prière, s’acquitter de l’aumône, demeurer fidèle à ses engagements, se montrer patient dans l’adversité, dans le malheur et face au péril. Telles sont les vertus qui caractérisent les croyants pieux et sincères. (Al-Baqarah 2:177)

Et aussi :

Vous n’atteindrez la piété qu’en faisant aumône d’une partie des biens que vous aimez. Et quelque aumône que vous fassiez, Dieu en est parfaitement Informé. (Aal ‘Imran, 3:92)

Sans donner au prochain de ce que nous aimons, nous n’aimons pas vraiment Dieu ni le prochain.

***

L’AMOUR DU PROCHAIN DANS LA BIBLE

Nous avons déjà cité les paroles du Messie, Jésus-Christ (sur lui la Paix), concernant l’importance éminente, juste après l’amour de Dieu, de l’amour du prochain :
C’est le premier et le plus grand commandement. / Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements procèdent toute la Loi et les Prophètes. (Matthieu 22:38- 40)

Et aussi :

Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. (Marc 12:31)
Il convient d’ajouter que ce second commandement se trouve également dans l’Ancien Testament :
Tu ne couvera pas de haïne pour ton frère dans ton coeur. Tu blâmeras certainement ton prochain, et tu ne porteras pas de faute à cause de lui. Tu ne prendras pas vengeance, ni garderas rancune envers les enfants de ton peuple, mais tu aimeras ton prochain comme toi-même : Je suis le Seigneur. (Lévitique 19:17-18)
Ainsi le second commandement, comme le premier commandement, exige générosité et don de soi, et de ces deux commandements procèdent toute la Loi et les Prophètes.

(III) VENEZ A UNE PAROLE COMMUNE ENTRE VOUS ET NOUS

Une parole commune

Alors que l’Islam et le Christianisme sont, de façon évidente, des religions différentes – et que certaines de leurs différences formelles ne peuvent être minimisées –, il est clair que les deux plus grands commandements représentent un terrain d’entente, ainsi qu’un lien entre le Coran, la Torah et le Nouveau Testament.
Ce qui précède les deux commandements mentionnés dans la Torah et le Nouveau Testament, et ce d’où ils viennent, est l’Unité de Dieu, c’est-à-dire qu’il n’y a qu’Un seul Dieu. En effet, le Shema commence ainsi dans la Torah : (Deutéronome 6:4) Ecoute, Ô Israël, le Seigneur notre Dieu, est Un ! De même, Jésus (‘a) dit : (Marc 12:29) « Le premier de tous les commandements est : Ecoute, Ô Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un. »

De la même manière, Dieu dit dans le Saint Coran : Dis : Lui, Dieu, est Un. Dieu Se suffit à Lui-même. (Al-Ikhlas, 112:1-2) Ainsi l’Unité de Dieu, l’amour pour Lui, et l’amour du prochain constituent la base commune sur laquelle l’Islam et le Christianisme (et le Judaïsme) se fondent.

Comment pourrait-il en être autrement puisque Jésus (sur lui la Paix) a dit : (Matthieu 22:40) « De ces deux commandements procèdent toute la Loi et les prophètes. ». De plus, Dieu confirme dans le Saint Coran que le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et la bénediction divine) n’a rien apporté de fondamentalement ou essentiellement nouveau : Ce qui t’est dit aujourd’hui est la même chose que ce qui était dit aux prophètes qui t’ont précédé (Fussilat 41:43). Aussi : Dis (Muhammad) : Je ne suis pas nouveau parmi les messagers ! J’ignore le sort que Dieu nous réserve aussi bien à moi qu’à vous. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé, et ma mission ne consiste qu’à avertir en toute clarté. » (Al-Ahqaf, 46:9). Dieu confirme par là dans le Coran que les mêmes vérités éternelles que sont l’Unité de Dieu, la nécessité d’aimer et d’adorer Dieu totalement (en excluant donc toute fausse divinité), et la nécessité d’aimer les êtres humains, ses semblables, (et donc la justice), sous-tendent toute religion vraie :

En vérité, Nous avons envoyé un prophète à chaque communauté avec le message suivant : « Adorez Dieu et éloignez-vous du culte des idoles ! » Et si certaines de ces communautés ont suivi la Voie de Dieu, d’autres ont préféré le chemin de l’erreur. Allez donc de par le monde et voyez quelle a été la fin de ceux qui criaient au mensonge ! (Al-Nahl, 16:36) Nous avons envoyé Nos messagers munis de preuves irréfutables, et Nous avons fait descendre avec eux le Livre et la Balance, afin de faire régner la justice parmi les hommes. (Al-Hadid, 57:25)

***

Venez à une parole commune !

Dans le Saint Coran, Dieu le Très-Haut indique aux musulmans de lancer l’appel suivant aux chrétiens (et aux juifs – les gens des Ecritures) :

Dis : « Ô gens des Ecritures ! Elevez-vous à une parole commune entre vous et nous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. » S’ils s’y refusent, dites-leur : « Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission à Dieu est totale et entière. » (Aal ‘Imran 3:64)

Il est clair que l’expression bénie : de ne rien Lui associer se réfère à l’Unité de Dieu, tandis que l’expression : de n’adorer que Dieu Seul se réfère au fait d’être voué totalement à Dieu. Elles renvoient ainsi au premier et plus grand Commandement. Selon l’un des plus anciens commentaires coraniques (tafsir) faisant autorité – le Jami’ Al- Bayan fi Ta’wil Al-Qur’an d’Abu Ja’far Muhammad bin Jarir Al-Tabari (m. 310 A.H. / 923 C.E.) –, de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu signifie « de ne pas obéir les uns aux autres en désobéissant à ce que Dieu a commandé, ni les glorifier en se prosternant devant eux comme ils se prosternent devant Dieu ».

En d’autres termes, musulmans, chrétiens et juifs devraient être libres de suivre ce que Dieu leur a ordonné, sans avoir à « se prosterner devant des rois et autres » [21] ; car Dieu dit ailleurs dans le Coran : Nulle contrainte en religion… (Al-Baqarah, 2:256), ce qui se réfère indéniablement au second Commandement, c’est-à-dire à l’amour envers leprochain, dont la justice, [22] et la liberté religieuse, sont une partie cruciale. Dieu dit dans le Coran :

Dieu ne vous défend pas d’être bons et équitables envers ceux qui ne vous attaquent pas à cause de votre religion, et qui ne vous expulsent pas de vos foyers. Dieu aime ceux qui sont équitables. (Al-Mumtahinah, 60:8)

***

En tant que musulmans, nous invitons ainsi les chrétiens à se souvenir des paroles de Jésus rapportées par les Evangiles (Marc 12:29-31) : … le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. / Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. C’est là le premier commandement. / Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

En tant que musulmans, nous disons aux chrétiens que nous ne sommes pas contre eux et l’Islam n’est pas non plus contre eux – tant qu’ils ne déclarent pas la guerre aux musulmans à cause de leur religion, qu’ils ne les oppriment pas et qu’ils ne les expulsent pas de leurs foyers (conformément au verset du Coran [Al-Mumtahinah, 60:8] précédemment cité). De plus, Dieu dit dans le Saint Coran :

Cependant, les détenteurs des Ecritures ne sont pas tous les mêmes, car,parmi eux il y a une communauté pieuse dont les membres passent des nuits entières à réciter les versets de Dieu et à se prosterner. / Ils croient en Dieu et au Jour dernier ; ils ordonnent le Bien, réprouvent le Mal et s’empressent d’accomplir de bonnes oeuvres. Ceux-là sont au nombre des justes. / Quelque bien qu’ils fassent, il ne leur sera pas dénié, car Dieu connaît bien ceux qui Le craignent. (Aal-‘Imran, 3:113-115)

Le Christianisme est-il nécessairement contre les musulmans ? Dans les Evangiles, Jésus-Christ (sur lui la Paix) dit :

Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui ne rassemble pas avec moi dissipe. (Matthieu 12:30) Qui n’est pas contre nous est pour nous. (Marc 9:40) … car qui n’est pas contre vous est pour vous. (Luc 9:50)

Selon L’explication du Nouveau Testament donnée par Saint Theophylact [23], ces affirmations ne sont pas contradictoires, car la première (dans le texte grec actuel du Nouveau Testament) se réfère aux démons, tandis que les seconde et troisième affirmations se réfèrent aux gens qui reconnurent Jésus, mais qui n’étaient pas chrétiens.

Les musulmans reconnaissent Jésus-Christ comme le Messie, non pas comme les chrétiens (mais les chrétiens eux-mêmes ne se sont jamais tous accordés entre eux sur la nature de Jésus (sur lui la Paix) ), mais de la manière suivante : …. Le Messie Jésus, fils de Marie, est un envoyé de Dieu, Son Verbe déposé dans le sein de Marie, un Esprit émanant de Lui. (Al-Nisa’, 4:171). C’est pourquoi nous invitons les chrétiens à considérer les musulmans non contre eux mais avec eux, suivant les paroles de Jésus-Christ (sur lui la Paix).

Enfin, en tant que musulmans, et par obéissance au Coran, nous demandons aux chrétiens de s’accorder avec nous sur ce que nos deux religions ont essentiellement en commun : … à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. (Aal ‘Imran, 3:64).
Que ce terrain d’entente soit la base de tout dialogue interreligieux entre nous à l’avenir, car de ce que nous avons en commun procèdent toute la Loi et les prophètes. (Matthieu 22:40).

Dieu révèle dans le Saint Coran : Dites (Ô musulmans) : « Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé,à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et aux Tribus ; à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus ; à ce qui a été révélé aux prophètes par leur Seigneur, sans établir entre eux aucune différence. Et c’est à Dieu que nous sommes entièrement soumis. / Si les gens du Livre adhèrent à votre croyance, ils seront dans la bonne voie ; et, s’ils s’en détournent, c’est qu’ils auront opté pour la scission. Dieu te suffira contre eux, car Dieu entend tout et sait tout. (Al-Baqarah, 2:136-137)

Entre vous et nous

Trouver un terrain d’entente entre musulmans et chrétiens n’est pas une simple question de dialogue oecuménique poli entre des leaders religieux sélectionnés. Le Christianisme et l’Islam sont respectivement la plus nombreuse, et la seconde plus nombreuse, religion dans le monde et l’histoire. On rapporte que chrétiens et musulmans représentent respectivement plus du tiers, et plus du cinquième, de l’humanité. Ensemble, ils constituent plus de 55% de la population mondiale, ce qui fait de la relation entre ces deux communautés religieuses le plus important facteur contribuant à une paix significative dans le monde. Si les musulmans et les chrétiens ne vivent pas en paix entre eux, le monde ne peut être en paix. Avec l’armement terrible du monde moderne ; avec des musulmans et des chrétiens qui se côtoient étroitement partout comme jamais auparavant, aucune partie ne pourrait remporter unilatéralement un conflit entre plus de la moitié des habitants de la planète. Ainsi notre avenir commun est-il en jeu. La survie du monde lui-même est-elle peut-être en jeu.

Et à ceux qui, néanmoins, ont du goût pour le conflit et la destruction dans leur propre intérêt, ou calculent qu’ils parviendront finalement à vaincre par eux, nous disons que ce sont nos âmes éternelles elles-mêmes qui seront aussi en jeu si nous ne réussissons pas sincèrement à déployer tous nos efforts en faveur de la paix et de l’harmonie commune.

Dieu dit dans le Saint Coran : En vérité, Dieu ordonne l’équité, la charité et la libéralité envers les proches, et Il interdit la turpitude, les actes répréhensibles et la tyrannie. Dieu vous exhorte ainsi pour vous amener à réfléchir. (Al Nahl, 16:90)
Jésus-Christ (sur lui la Paix) a dit : Heureux ceux qui apportent la paix…. (Matthieu 5:9), et aussi : Que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il damne sa vie ? (Matthieu 16:26)

Ne faisons donc pas de nos différences une cause de haine et de querelles entre nous. Rivalisons les uns avec les autres dans la piété et les bonnes oeuvres. Respectons-nous les uns les autres, soyons bons, justes et aimables entre nous, et vivons dans la paix sincère, l’harmonie et la bonne volonté réciproque. Dieu dit dans le Saint Coran :

Nous t’avons révélé le Coran, expression de la pure Vérité, qui est venu confirmer les Ecritures antérieures et les préserver de toute altération. Juge donc entre eux d’après ce que Dieu t’a révélé. Ne suis pas leurs passions, loin de la Vérité qui t’est parvenue. A chacun de vous, Nous avons tracé un itinéraire et établi une règle de conduite qui lui est propre. Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule et même communauté ; mais Il a voulu vous éprouver pour voir l’usage que chaque communauté ferait de ce qu’Il lui a donné. Rivalisez donc d’efforts dans l’accomplissement de bonnes oeuvres, car c’est vers Dieu que vous ferez retour, et Il vous éclairera alors sur l’origine de vos différences. (Al- Ma’idah, 5:48)

Wal-Salaamu ‘Alaykum, Pax Vobiscum.

© 2007 C.E., 1428 A.H., The Royal Aal al-Bayt Institute for Islamic Thought, Jordan.

Liste des signataires (par ordre alphabétique)

His Royal Eminence Sultan Muhammadu Sa’ad Ababakar The 20th Sultan of Sokoto ; Leader of the Muslims of Nigeria H.E. Shaykh Dr. Hussein Hasan Abakar Imam of the Muslims, Chad ; President, Higher Council for Islamic Affairs, Chad H.E. Prof. Dr. Abdul-Salam Al-Abbadi President of Aal Al-Bayt University ; Former Minister of Religious Affairs, Jordan Prof. Dr. Taha Abd Al-Rahman President of the Wisdom Circle for Thinkers and Researchers, Morocco ; Director of Al-Umma Al-Wasat Magazine, International Union of Muslim Scholars Imam Feisal Abdul Rauf Co-founder and Chairman of the Board of the Cordoba Initiative ; Founder of the ASMA Society (American Society for Muslim Advancement) ; Imam of Masjid Al-Farah, NY, NY, USA Sheikh Muhammad Nur Abdullah Vice President of the Fiqh Council of North America, USA Dr. Shaykh Abd Al-Quddus Abu Salah President of the International League for Islamic Ethics ; Editor of the Journal for Islamic Ethics, Riyadh, Saudi Arabia H.E. Prof. Dr. Abd Al-Wahhab bin Ibrahim Abu Solaiman Member of the Committee of Senior Ulama, Saudi Arabia Dr. Lateef Oladimeji Adegbite Acting Secretary and Legal Adviser, Nigerian Supreme Council for Islamic Affairs H.E. Amb. Prof. Dr. Akbar Ahmed Ibn Khaldun Chair of Islamic Studies, American University in Washington D.C., USA H.E. Judge Prince Bola Ajibola Former International High Court Judge ; Former Minister of Justice of Nigeria ; Former Attorney-General of Nigeria ; Founder of the Crescent University and Founder of the Islamic Movement of Africa (IMA) H.E. Prof. Dr. Kami l Al-Ajlouni Head of National Centre for Diabetes ; Founder of the Jordanian University of Science and Technology (JUST), Former Minister and Former Senator, Jordan Shaykh Dr. Mohammed Salim Al-‘Awa Secretary General of the International Union of Muslim Scholars ; Head of the Egyptian Association for Culture and Dialogue Mr. Nihad Awad National Executive Director and Co-founder of the Council on American-Islamic Relations (CAIR), USA H.E. Prof. Dr. Al-Hadi Al-Bakkoush Former Prime Minister of Tunisia, Author H.E. Shaykh Al-Islam Dr. Allah-Shakur bin Hemmat Bashazada Grand Mufti of Azerbaijan and Head of the Muslim Administration of the Caucasus H.E. Dr. Issam El-Bashir Secretary General of the International Moderation Centre, Kuwait ; Former Minister of Religious Affairs, Sudan H.E. Prof. Dr. Allamah Shaykh Abd Allah bin Mahfuz bin Bayyah Professor, King Abdul Aziz University, Saudi Arabia ; Former Minister of Justice, Former Minister of Education and Former Minister of Religious Affairs, Mauritania ; Vice President of the International Union of Muslim Scholars ; Founder and President, Global Center for Renewal and Guidance Dr. Mohamed Bechari President, Federal Society for Muslims in France ; General Secretary of the European Islamic Conference (EIC), France ; Member of the International Fiqh Academy Prof. Dr. Ahmad Shawqi Benbin Director of the Hasaniyya Library, Morocco Prof. Dr. Allamah Shaykh Muhammad Sa‘id Ramadan Al-Buti Dean, Dept. of Religion, University of Damascus, Syria Prof. Dr. Mustafa Çarıci Mufti of Istanbul, Turkey H.E. Shaykh Prof. Dr. Mustafa Ceri Grand Mufti and Head of Ulema of Bosnia and Herzegovina Professor Ibrahim Chabbuh Director General of the Royal Aal al-Bayt Institute for Islamic Thought, Jordan ; President of the Association for the Safeguarding of the City of Qayrawan, Tunisia H.E. Prof. Dr. Mustafa Cherif Muslim Intellectual ; Former Minister of Higher Education and Former Ambassador, Algeria Dr. Caner Dagl i Assistant Professor, Roanoke College, USA Ayatol lah Prof. Dr. Seyyed Mostafa Mohaghegh Damad Dean of Department of Islamic Studies, The Academy of Sciences of Iran ; Professor of Law and Islamic Philosophy, Tehran University ; Fellow, The Iranian Academy of Sciences, Iran ; Former Inspector General of Iran Ayatol lah Seyyed Abu Al-Qasim Al-Deebaji Imam Zayn Al-Abideen Mosque, Kuwait H.E. Prof. Dr. Shakir Al-Fahham Head of the Arabic Language Academy, Damascus ; Former Minister of Education, Syria Shaykh Seyyed Hani Fahs Member of Supreme Shia Committee, Lebanon ; Founding Member of the Arab Committee for the Islamic-Christian Dialogue, and the Permanent Committee for the Lebanese Dialogue H.E. Shaykh Salim Falahat Director General of the Muslim Brotherhood, Jordan Chief Abdul Wahab Iyanda Folawiyo Member, Supreme Council for Islamic Affairs of Nigeria ; Vice President, Jamaat Nasril Islam H.E. Shaykh Ravil Gainutdin Grand Mufti of Russia Justice Ibrahim Kolapo Sulu Gambari Justice of Nigerian Court of Appeal ; National Vice Chairman, Nigerian Football Association (NFA) Prof. Dr. Abd Al-Karim Gharaybeh Historian and Senator, Jordan H.E. Prof. Dr. Abdul lah Yusuf Al-Ghoneim Director of the Kuwaiti Centre for Research and Studies on Kuwait ; Former Minister of Education, Kuwait H.E. Prof. Dr. Bu Abd Allah bin al-Hajj Muhammad Al Ghulam Al lah Minister of Religious Affairs, Algeria Prof. Dr. Alan Godlas Co-Chair, Islamic Studies, University of Georgia, USA ; Editor-in-chief, Sufi News and Sufism World Report ; Director, Sufis Without Borders H.E. Shaykh Nezdad Grabus Grand Mufti of Slovenia H.E. Shaykh Dr. Al-Habib Ahmad bin Abd Al-Aziz Al-Haddad Chief Mufti of Dubai, UAE Shaykh Al-Habib Ali Mashhour bin Muhammad bin Sal im bin Hafeeth Imam of the Tarim Mosque and Head of Fatwa Council, Tarim, Yemen Shaykh Al-Habib Umar bin Muhammad bin Salim bin Hafeeth Dean, Dar Al-Mustafa, Tarim, Yemen Professor Dr. Farouq Hamadah Professor of the Sciences of Tradition, Mohammad V University, Morocco Shaykh Hamza Yusuf Hanson Founder and Director, Zaytuna Institute, CA, USA H.E. Shaykh Dr. Ahmad Badr Al-Din Hassoun Grand Mufti of the Republic of Syria H.E. Shaykh. Sayyed Ali bin Abd Al-Rahman Al-Hashimi Advisor to the President for Judiciary and Religious Affairs, UAE Prof. Dr. Hasan Hanafi Muslim Intellectual, Department of Philosophy, Cairo University Shaykh Kabir Helminski Shaykh of the Mevlevi Tariqah ; Co-Director of the Book Foundation, USA H.E. Shaykh Sa‘id Hijjawi Chief Scholar, The Royal Aal al-Bayt Institute for Islamic Thought ; Former Grand Mufti of Jordan H.E. Prof. Dr. Shaykh Ahmad Hlayyel Chief Islamic Justice of Jordan ; Imam of the Hashemite Court ; Former Minister of Religious Affairs H.E. Amb. Dr. Murad Hofmann Author and Muslim Intellectual, Germany H.E. Dr. Anwar Ibrahim Former Deputy Prime Minister of Malaysia ; Honorary President of AccountAbility H.E. Shaykh Dr. Izz Al-Din Ibrahim Advisor for Cultural Affairs, Prime Ministry, UAE H.E. Prof. Dr. Ekmeleddin Ihsanoglu Secretary-General, Organization of the Islamic Conference (OIC) H.E. Prof. Dr. Omar Jah Secretary of the Muslim Scholars Council, Gambia ; Professor of Islamic Civilization and Thought, University of Gambia H.E. Prof. Dr. Abbas Al-Jarari Advisor to HM the King, Morocco Shaykh Al-Habib Ali Zain Al-Abidin Al-Jifri Founder and Director, Taba Institute, United Arab Emirates H.E. Shaykh Prof. Dr. Ali Jum‘a Grand Mufti of the Republic of Egypt Prof. Dr. Yahya Mahmud bin Junayd Secretary General, King Faisal Centre for Research and Islamic Studies, Saudi Arabia Dr. Ibrahim Kalin Director, SETA Foundation, Ankara, Turkey ; Asst. Prof. Georgetown University, USA H.E. Amb. Aref Kamal Muslim Intellectual, Pakistan Professor Dr. ‘Abla Mohammed Kahlawi Dean of Islamic and Arabic Studies, Al-Azhar University (Women’s College), Egypt Prof. Dr. Said Hibatul lah Kami lev Director, Moscow Institute of Islamic Civilisation, Russian Federation Prof. Dr. Hafiz Yusuf Z. Kavakci Resident Scholar, Islamic Association of North Texas, Founder & Instructor of IANT Qur’anic Academy ; Founding Dean of Suffa Islamic Seminary, Dallas, Texas, USA Shaykh Dr. Nuh Ha Mim Keller Shaykh in the Shadhili Order, USA Prof. Dr. Mohammad Hashim Kamal i Dean and Professor, International Institute of Islamic Thought and Civilization (ISTAC), International Islamic University, Malaysia Shaykh Amr Khaled Islamic Missionary, Preacher and Broadcaster, Egypt ; Founder and Chairman, Right Start Foundation International Prof. Dr. Abd Al-Karim Khal ifah President of the Jordanian Arabic Language Academy ; Former President of Jordan University H.E. Shaykh Ahmad Al-Khalili Grand Mufti of the Sultanate of Oman Seyyed Jawad Al-Khoei Secretary-General, Al-Khoei International Foundation Shaykh Dr. Ahmad Kubaisi Founder of the ‘Ulema Organization, Iraq Mr. M. Al i Lakhani Founder and Editor of Sacred Web : A Journal of Tradition and Modernity, Canada Dr. Joseph Lumbard Assistant Professor, Brandeis University, USA H.E. Shaykh Mahmood A. Madani Secretary General, Jamiat Ulama-i-Hind ; Member of Parliament, India H.E. Prof. Dr. Abdel-Kabeer Al-Alawi Al-Madghari Director General of Bayt Mal Al-Quds Agency (Al-Quds Fund) ; Former Minister of Religious Affairs, Morocco H.E. Imam Sayyed Al-Sadiq Al-Mahdi Former Prime Minister of Sudan ; Head of Ansar Movement, Sudan H.E. Prof. Dr. Rusmir Mahmutcehajic Professor, Sarajevo University ; President of the International Forum Bosnia ; Former Vice President of the Government of Bosnia and Herzegovina Allamah Shaykh Sayyed Muhammad bin Muhammad Al-Mansour High Authority (Marja’) of Zeidi Muslims, Yemen Prof. Dr. Bashshar Awwad Marouf Former Rector of the Islamic University, Iraq H.E. Prof. Dr. Ahmad Matloub Former Minister of Culture ; Acting President of the Iraqi Academy of Sciences, Iraq Prof. Dr. Ingrid Mattson Professor of Islamic Studies and Christian-Muslim Relations and Director, Islamic Chaplaincy Program, Hartford Seminary ; President of the Islamic Society of North America (ISNA), USA Dr. Yousef Meri Special Scholar-in-Residence, Royal Aal al-Bayt Institute for Islamic Thought, Jordan Dr. Jean-Louis Michon Author ; Muslim Scholar ; Architect ; Former UNESCO expert, Switzerland Shaykh Abu Bakr Ahmad Al-Milibari Secretary-General of the Ahl Al-Sunna Association, India Pehin Dato Haj Suhaili bin Haj Mohiddin Deputy Grand Mufti, Brunei Ayatol lah Sheikh Hussein Muayad President and Founder, Knowledge Forum, Baghdad, Iraq Prof. Dr. Izzedine Umar Musa Professor of Islamic History, King Sa‘ud University, Saudi Arabia Prof. Dr. Mohammad Farouk Al-Nabhan Former Director of Dar Al-Hadith Al-Hasaniya, Morocco Prof. Dr. Zaghloul El-Naggar Professor, King Abd Al-Aziz University, Jeddah, Saudi Arabia ; Head, Committee on Scientific Facts in the Glorious Qur’an, Supreme Council on Islamic Affairs, Egypt Mr. Sohai l Nakhooda Editor-in-Chief, Islamica Magazine, Jordan Prof. Dr. Hisham Nashabeh Chairman of the Board of Higher Education ; Dean of Education at Makassed Association, Lebanon H.E. Professor Dr. Seyyed Hossein Nasr University Professor of Islamic Studies, George Washington University, Washington D.C, USA Prof. Dr. Aref Al i Nayed Former Professor at the Pontifical Institute for Arabic and Islamic Studies (Rome) ; Former Professor at International Institute for Islamic Thought and Civilization (ISTAC, Malaysia) ; Senior Advisor to the Cambridge Interfaith Program at the Faculty of Divinity in Cambridge, UK H.E. Shaykh Sevki Omarbasic Grand Mufti of Croatia Dato Dr. Abdul Hamid Othman Advisor to the H.E. the Prime Minister of Malaysia Prof. Dr. Ali Ozak Head of the Endowment for Islamic Scientific Studies, Istanbul, Turkey Imam Yahya Sergio Yahe Pal lavicini Vice President of CO.RE.IS., Italy, Chairman of ISESCO Council for Education and Culture in the West, Advisor for Islamic Affairs of the Italian Minister of Interior. H.E. Shaykh Dr. Nuh Al i Salman Al-Qudah Grand Mufti of the Hashemite Kingdom of Jordan H.E. Shaykh Dr. Ikrima Said Sabri Former Grand Mufti of Jerusalem and All of Palestine, Imam of the Blessed Al-Aqsa Mosque, and President of the Islamic Higher Council, Palestine Ayatollah Al-Faqih Seyyed Hussein Ismail Al-Sadr Baghdad, Iraq Mr. Muhammad Al-Sammak Secretary-General of the National Council for Islamic-Christian Dialogue ; Secretary-General for the Islamic Spiritual Summit, Lebanon Shaykh Seyyed Hasan Al-Saqqaf Director of Dar Al-Imam Al-Nawawi, Jordan Dr. Ayman Fuad Sayyid Historian and Manuscript Expert, Former Secretary General of Dar al-Kutub Al- Misriyya, Cairo, Egypt Prof. Dr. Suleiman Abdallah Schleifer Professor Emeritus, The American University in Cairo Dr. Seyyed Reza Shah-Kazemi Author and Muslim Scholar, UK Dr. Anas Al-Shaikh-Ali Chair, Association of Muslim Social Scientists, UK ; Chair, Forum Against Islamophobia and Racism, UK ; Academic Advisor, IIIT, UK Imam Zaid Shakir Lecturer and Scholar-in-Residence, Zaytuna Institute, CA, USA H.E. Prof. Dr. Al i Abdul lah Al-Shamlan Director General of the Kuwait Foundation for the Advancement of Sciences (KFAS) ; Former Minister of Higher Education, Kuwait Eng. Seyyed Hasan Shariatmadari Leader of the Iranian National Republican Party (INR) Dr. Muhammad Alwani Al-Sharif Head of the European Academy of Islamic Culture and Sciences, Brussels, Belgium H.E. Dr. Mohammad Abd Al-Ghaffar Al-Sharif Secretary-General of the Ministry of Religious Affairs, Kuwait Dr. Tayba Hassan Al-Sharif International Protection Officer, The United Nations High Commissioner for Refugees, Darfur, Sudan Prof. Dr. Muhammad bin Sharifa Former Rector of Wajda University ; Morocco ; Fellow of the Royal Moroccan Academy Prof. Dr. Muzammil H. Siddiqui / on behalf of the whol e Fiqh Council of North America Islamic Scholar and Theologian ; Chairman of the Fiqh Council of North America, USA Shaykh Ahmad bin Sa’ud Al-Siyabi Secretary General of the Directorate of the Grand Mufti, Oman Al-Haji Yusuf Maitama Sul e Former Nigerian Permanent Representative to the United Nations ; Former Nigerian Minister of National Guidance Prof. Dr. Muhammad Abd Al-Rahim Sultan-al-Ulama Deputy-Dean of Scientific Research Affairs, United Arab Emirates University, UAE Shaykh Dr. Tariq Sweidan Director-General of the Risalah Satellite Channel H.E. Shaykh Ahmad Muhammad Muti’i Tamim The Head of the Religious Administration of Ukrainian Muslims, and Mufti of Ukraine H.E. Shaykh Izz Al-Din Al-Tamimi Senator ; Former Chief Islamic Justice, Minister of Religious Affairs and Grand Mufti of Jordan H.E. Shaykh Dr. Tayseer Rajab Al-Tamimi Chief Islamic Justice of Palestine ; Head of The Palestinian Center for Religion and Civilization Dialogue Prof. Dr. H.R.H. Prince Ghazi bin Muhammad bin Talal Personal Envoy and Special Advisor of H.M. King Abdullah II ; Chairman of the Board of the Royal Aal al-Bayt Institute for Islamic Thought, Jordan Prof. Dr. Ammar Al-Talibi Former Member of Parliament, Professor of Philosophy, University of Algeria Ayatollah Shaykh Muhammad Ali Taskhiri Secretary General of the World Assembly for Proximity of Islamic Schools of Thought (WAPIST), Iran H.E. Prof. Dr. Shaykh Ahmad Muhammad Al-Tayeb President of Al-Azhar University, Former Grand Mufti of Egypt Prof. Dr. Muddathir Abdel-Rahim Al-Tayib Professor of Political Science and Islamic Studies, International Institute of Islamic Thought and Civilization (ISTAC), Malaysia H.E. Amb. Prof. Dr. Abdel-Hadi Al-Tazi Fellow of the Royal Moroccan Academy H.E. Shaykh Naim Trnava Grand Mufti of Kosovo H.E. Dr. Abd Al-Aziz bin ‘Uthman Al-Tweijiri Director-General of the Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization (ISESCO) H.E. Prof. Dr. Nasaruddin Umar Rector of the Institute for Advanced Qur’anic Studies ; Secretary General of the Nahdhatul Ulama Consultative Council ; Lecturer at the State Islamic University Syarif Hidayatullah, Jakarta, Indonesia Shaykh Muhammad Hasan ‘Usayran Jafari Mufti of Sidon and Al-Zahrani, Lebanon Allamah Justice Mufti Muhammad Taqi Usmani Vice President, Darul Uloom Karachi, Pakistan Prof. Dr. Akhtarul Wasey Director, Zakir Husain Institute of Islamic Studies, Jamia Milla Islamiya University, India Shaykh Dr. Abdal Hakim Murad Winter Shaykh Zayed Lecturer in Islamic Studies, Divinity School, University of Cambridge ; Director of the Muslim Academic Trust, UK Prof. Dr. Mohammed El-Mokhtar Ould Bah President, Chinguitt Modern University, Mauritania H.E. Shaykh Muhammad Sodiq Mohammad Yusuf Former Grand Mufti of the Muslim Spiritual Administration of Central Asia, Uzbekistan ; Translator and Commentator of the Holy Qur’an Prof. Dr. Shaykh Wahba Mustafa Al-Zuhayl i Dean, Department of Islamic Jurisprudence, University of Damascus, Syria H.E. Shaykh Mu’ammar Zukoulic Mufti of Sanjak, Bosnia

notes:

[1] En arabe : La ilaha illa Allah Muhammad rasul Allah. Les deux paroles de la Shahadah apparaissent en fait (bien que séparément) sous forme de phrases dans le Saint Coran (la première dans Muhammad 47:19, et la seconde dans Al-Fath 48:29).

[2] Sunan Al-Tirmidhi, Kitab Al-Da’awat, 462/5, no. 3383 ; Sunan Ibn Majah, 1249/2.

[3] Sunan Al-Tirmidhi, Kitab Al-Da’awat, Bab al-Du’a fi Yawm ‘Arafah, Hadith no. 3934.
Il est important de remarquer que les phrases supplémentaires, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, proviennent toutes du Coran, exactement dans cette forme, dans différents passages. Seul – se référant à Dieu (que Soi Majesté soit exaltée) – se trouvent au moins six fois dans le Coran (7:70 ; 14:40 ; 39:45 ; 40:12 ; 40:84 et 60:4). Sans associé apparaît sous cette forme au moins une fois (Al-An’am, 6:173).
L’expression à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, est mentionnée telle quelle une fois dans le Coran (Al-Taghabun, 64:1), tandis que des parties de l’expression apparaissent à maintes reprises (par exemple, l’expression Il est Puissant sur toutes choses, apparaît au moins cinq fois : 5:120 ; 11:4 ; 30:50 ; 42:9 et 57:2).

[4] En Islam, le coeur (spirituel, et non corporel) est l’organe de la perception de la connaissance spirituelle et métaphysique. A propos d’une des plus grandes visions du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines), Dieu dit dans le Coran : Le coeur ne saurait démentir ce qu’il a vu (al-Najm, 53:11) En effet, ailleurs dans le Coran, Dieu dit : En vérité, ce ne sont pas les yeux qui se trouvent atteints de cécité, mais ce sont les coeurs dans les poitrines qui s’aveuglent. (Al-Hajj, 22:46 ; voir tout le verset, et aussi : 2:9-10 ; 2:74 ; 8:24 ; 26:88-89 ; 48:4 ; 83:14. Le coeur et ses synonymes sont en fait mentionnés plus d’une centaine de fois dans le Coran.) On trouve différentes interprétations parmi les musulmans en ce qui concerne la Vision directe de Dieu (en tant qu’opposée à celle des réalités spirituelles), que ce soit dans cette vie ou dans l’Autre. Dieu dit dans le Coran (à propos du Jour dernier) : Ce jour-là, il y aura des visages qui brilleront d’un vif éclat / et qui seront tout absorbés dans la contemplation de leur Seigneur (Al-Qiyamah, 75:22-23) Mais Dieu dit aussi : Tel est Dieu, votre Seigneur ! Il n’y a point de divinité excepté Lui, le Créateur de toutes choses. Adorez-Le ! C’est Lui qui a la charge de toutes les créatures. / Il est inaccessible aux regards, alors que Lui pénètre tous les regards. Il est le Subtil, Il est le Bien-Informé. / Des preuves évidentes vous sont parvenues de la part de votre Seigneur. Quiconque se montre clairvoyant le sera à son propre avantage ; et quiconque demeure aveugle le sera à son propre détriment. Je ne suis nullement chargé de votre sauvegarde. (Al-An’am, 6:102-104) Néanmoins, il est évident que la conception islamique du coeur (spirituel) ne diffère pas de la conception chrétienne, comme on le voit dans cette parole de Jésus (sur lui la Paix) rapportée par le Nouveau Testament : Heureux ceux qui ont un coeur pur car ils verront Dieu (Matthieu 5:8) ; ainsi que la parole de Paul : Pour le moment, nous voyons dans un miroir, de façon troublée, mais alors nous verrons en face. Maintenant je connais partiellement, mais alors je connaîtrai comme je suis connu. (1 Corinthiens 13:12)

[5] Voir aussi : Luqman, 31:25.

[6] Voir aussi : Al-Nahl, 16:3-18.

[7] Sahih Bukhari, Kitab Tafsir Al-Qur’an, Bab ma Ja’a fi Fatihat Al-Kitab (Hadith no.1) ; et : Sahih Bukhari, Kitab Fada’il Al-Qur’an, Bab Fadl Fatihat Al-Kitab, (Hadith no.9), no. 5006.

[8] Le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a dit : Dieu a divisé la miséricorde en cent parts. Il en a fait descendre une dans le bas-monde parmi les jinns et les êtres humains, ainsi que les animaux. C’est grâce à cette part que les créatures se font mutuellement miséricorde, et que l’animal sauvage prend soin de son petit. Dieu a conservé auprès de Lui quatre-vingt-dix-neuf parts, par lesquelles Il fera miséricorde à Ses serviteurs le Jour du Jugement. (Sahih Muslim, Kitab Al-Tawbah ; 2109/4 ; no. 2752 ; voir aussi Sahih Bukhari, Kitab Al-Riqaq, no. 6469).

[9] On rapporte cette parole du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) : Le sommet de la Sagesse est la crainte de Dieu – exalté soit-Il ! (Musnad al-Shahab, 100/1 ; Al-Dulaymi, Musnad Al- Firdaws, 270/2 ; Al-Tirmidhi, Nawadir Al-Usul ; 84/3 ; Al-Bayhaqi, Al-Dala’il et Al-Bayhaqi, Al-Shu’ab ; Ibn Lal, Al-Makarim ; Al-Ash’ari, Al-Amthal, et al.) Cette parole ressemble évidemment à celle du Prophète Salomon (sur lui la Paix) dans la Bible : La crainte du Seigneur est le début de la Sagesse…. (Proverbes 9:10) ; et : La crainte du Seigneur est le début de la connaissance. (Proverbes 1:7).

[10] Dans le Coran, Dieu dit aux êtres humains de croire en Lui, et de L’appeler (en utilisant l’intelligence) avec crainte (qui motive la volonté) et avec espoir (donc avec sentiment) : Seuls croient réellement à Nos versets ceux qui s’empressent de se prosterner lorsqu’on les leur rappelle, qui exaltent la louange de leur Seigneur, et se dépouillent de tout orgueil ; / ceux dont les flancs s’arrachent à leurs lits pour prier leur Seigneur ; avec crainte et espoir, et qui donnent en aumône une partie de ce que Nous leur avons accordé. / Nul ne peut soupçonner les multiples joies dont seront récompensées les oeuvres de ces hommes ! (Al-Sajdah, 32:15-17)
(Ô hommes !) Invoquez votre Seigneur humblement et secrètement. En vérité, Dieu n’aime pas les transgresseurs. / Ne semez pas le désordre sur la terre, après que l’ordre y a été établi. Invoquez votre Seigneur avec crainte et espoir. La miséricorde de Dieu est à la portée de ceux qui font des oeuvres salutaires. (Al-A’raf, 7:55-56) De la même manière, le Prophète Muhammad lui-même est décrit en des termes qui manifestent la connaissance (donc l’intelligence), encourageant espoir (et donc le sentiment) et inspirant crainte (et donc motivant la volonté) :
Ô Prophète ! En vérité, Nous t’avons envoyé comme témoin, annonciateur de bonnes nouvelles et avertisseur. (Al-Ahzab, 33:45) En vérité, Nous t’avons envoyé (Ô Muhammad) comme témoin, porteur de bonnes nouvelles et avertisseur. (Al-Fath, 48:8).

[11] L’amour et l’adoration parfaite du Prophète Muhammad pour Dieu est un modèle que les musulmans cherchent à imiter. Dieu dit dans le Saint Coran : En vérité, vous avez dans l’envoyé de Dieu un excellent exemple pour celui qui espère en Dieu et dans le Jour dernier, et qui se souvient de Dieu fréquemment. (Al-Ahzab, 33:21) La totalité de cet amour exclut toute mondanité et tout égoïsme, et cet amour est beau et cher aux musulmans. Ils aiment l’amour de Dieu. Dieu dit dans le Saint Coran : Sachez que l’envoyé de Dieu est parmi vous. S’il écoutait trop souvent ce que vous lui racontez, vous seriez aux prises avec de grosses difficultés. Mais Dieu vous a fait aimer la foi qu’Il a embellie dans vos coeurs, tandis qu’Il vous a fait détester l’impiété, la perversité et la désobéissance. Ce sont ceux-là les bien-guidés. (Al-Hujurat, 49:7)

[12] Cet « amour particulier » s’ajoute à la Miséricorde universelle de Dieu, qui embrasse toutes choses (Al- A’raf, 7:156) ; mais Dieu sait mieux.

[13] Sahih Al-Bukhari, Kitab Bad’ al-Khalq, Bab Sifat Iblis wa Junudihi ; Hadith no.3329.20
Autres versions de la parole bénie
Cette parole bénie du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) se trouve dans une douzaine de hadith (paroles du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines)) suivant différents contextes, et avec quelques légères variantes. Celle que nous avons citée dans le texte (Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est puissant sur toutes choses) est en fait la plus courte des versions rapportées. On la trouve dans Sahih al-Bukhari : Kitab al-Adhan (no. 852) ; Kitab al-Tahajjud (no. 1163) ; Kitab al-‘Umrah (no. 1825) ; Kitab Bad’ al-Khalq (no. 3329) ; Kitab al-Da‘awat (nos. 6404, 6458, 6477) ; Kitab al-Riqaq (no. 6551) ; Kitab al-I‘tisam bi’l-Kitab (no. 7378) ; dans Sahih Muslim : Kitab al-Masajid (nos. 1366, 1368, 1370, 1371, 1380) ; Kitab al-Hajj (nos. 3009, 3343) ; Kitab al-Dhikr wa’l-Du‘a’ (nos. 7018, 7020, 7082, 7084) ; dans Sunan Abu Dawud : Kitab al-Witr (nos. 1506, 1507, 1508) ; Kitab al-Jihad (no. 2772) ; Kitab al-Kharaj (no. 2989) ; Kitab al-Adab (nos. 5062, 5073, 5079) ; dans Sunan al-Tirmidhi : Kitab al-Hajj (no. 965) ; Kitab al-Da‘awat (nos. 3718, 3743, 3984) ; dans Sunan al-Nasa’i : Kitab al-Sahw (nos. 1347, 1348, 1349, 1350, 1351) ; Kitab Manasik al-Hajj (nos. 2985, 2997) ; Kitab al-Iman wa’l-Nudhur (no. 3793) ; dans Sunan Ibn Majah : Kitab al-Adab (no. 3930) ; Kitab al-Du‘a’ (nos. 4000, 4011) ; et dans Muwatta’ Malik : Kitab al-Qur’an (nos. 492, 494) ; Kitab al-Hajj (no. 831).
Une version plus longue, comprenant les mots yuhyi wa yumit – (Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, Il donne la vie et Il donne la mort, et Il est puissant sur toutes choses.) – est rapportée dans Sunan Abu Dawud : Kitab al-Manasik (no. 1907) ; dans Sunan al-Tirmidhi : Kitab al-Salah (no. 300) ; Kitab al-Da‘awat (nos. 3804, 3811, 3877, 3901) ; et dans Sunan al- Nasa’i : Kitab Manasik al-Hajj (nos. 2974, 2987, 2998) ; Sunan Ibn Majah : Kitab al-Manasik (no. 3190).
Une autre version, plus longue, comprenant les mots bi yadihi al-khayr – (Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, Il détient en Sa main le bien, et Il est puissant sur toutes choses.) – se trouve dans Sunan Ibn Majah : Kitab al-Adab (no. 3931) ; Kitab al-Du‘a’ (no. 3994).
La plus longue des versions rapportées, qui comprend l’expression yuhyi wa yumit wa Huwa Hayyun la yamut bi yadihi al-khayr – (Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, Il donne la vie et Il donne la mort, Il est le Vivant qui ne meurt pas, Il détient en Sa main le bien, et Il est puissant sur toutes choses.) –, se trouve dans Sunan al-Tirmidhi : Kitab al-Da‘awat (no. 3756) et dans Sunan Ibn Majah : Kitab al-Tijarat (no. 2320), avec cette différence que ce dernier hadith donne : bi yadihi alkhayr kulluhu (Il détient en Sa main tout le bien).
Toutefois, il est important de noter que le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a seulement décrit la première (et plus courte) version comme : la meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé, et c’est seulement de cette version que le Prophète a dit : Personne n’accomplit chose meilleure que celle-ci, excepté celui qui fait davantage. (Ces citations se réfèrent au système synoptique The Sunna Project’s Encyclopaedia of Hadith (Jam‘ Jawami‘ al-Ahadith wa’l-Asanid), préparé en coopération avec les savants d’Al-Azhar, qui comprend Sahih al-Bukhari, Sahih Muslim, Sunan Abu Dawud, Sunan al-Tirmidhi, Sunan al-Nasa’i, Sunan Ibn Majah, et Muwatta’ Malik.)

[14] Le Saint Coran compte nombre d’injonctions invitant à invoquer, ou à se rappeller, Dieu fréquemment : Souviens-toi du Nom de ton Seigneur matin et soir. (Al-Insan, 76:25) Invoquez Dieu debout, assis ou couchés. (Al-Nisa, 4:103). Invoque (Ô Muhammad) ton Seigneur au fond de toi-même avec humilité et crainte ! Invoque-Le à voix basse, matin et soir, sans te laisser distraire. (Al-A‘raf, 7:205). … Invoque donc souvent le Nom de ton Seigneur et glorifie-Le au crépuscule et à l’aurore. (Aal ‘Imran, 3:41). Ô croyants ! Invoquez souvent Dieu ! / Glorifiez-Le matin et soir ! (Al-Ahzab, 33:41-42). (Voir aussi : 2:198-200 ; 2:203 ; 238-239 ; 3:190-191 ; 6:91 ; 7:55 ; 7:180 ; 8:45 ; 17:110 ; 22:27-41 ; 24:35-38 ; 26:227 ; 62:9-10 ; 87:1-17, et al.) De même, le Coran contient de nombreux versets soulignant l’importance fondamentale du souvenir de Dieu (voir : 2:151-7 ; 5:4 ; 6:118 ; 7:201 ; 8:2-4 ; 13:26-28 ; 14:24-27 ; 20:14 ; 20:33-34 ; 24:1 ; 29:45 ; 33:35 ; 35:10 ; 39:9 ; 50:37 ; 51:55-58 ; et 33:2 ; 39:22-23 et 73:8-9 déjà mentionné, et al. ). Ne pas pratiquer l’invocation de Dieu expose à des conséquences néfastes (voir : 2:114 ; 4:142 ; 7:179-180 ; 21 18:28 ; 18:100-101 ; 20:99-101 ; 20:124-127 ; 25:18 ; 25:29 ; 43:36 ; 53:29 ; 58:19 ; 63:9 ; 72:17 et al. ; voir aussi 107:4-6). Finalement, Dieu dit dans le Coran : Alors, le moment n’est-Il pas venu pour ceux qui croient de laisser leurs coeurs se remplir d’humilité à l’évocation de Dieu… (Al-Hadid, 57:16) ; …Et ne négligez pas de M’invoquer (Taha, 20:42), et : Souviens-toi de ton Seigneur lorsque tu oublies (Al-Kahf, 18:24).

[15] ci toute citation de la Bible est traduite depuis la New King James Version. Copyright 1982 par Thomas Nelson, Inc. Utilisé avec permission. Tous droits réservés.

[16] Sunan Al-Tirmithi, Kitab Al-Da’wat, Bab al-Du’a fi Yawm ‘Arafah, Hadith no. 3934. Op. cit.

[17] Le christianisme et l’islam partagent des conceptions comparables concernant la création de l’homme dans la forme la plus parfaite à partir du Souffle de Dieu. Le Livre de la Génèse dit : (Génèse, 1:27) Dieu créa l’homme à Son image ; à l’image de Dieu, Il le créa ; mâle et femelle Il les créa. Et : (Génèse, 2:7) Et le Seigneur Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, et insuffla le souffle de la vie dans ses narines ; et l’homme devint être vivant.
Le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a dit : En vérité, Dieu créa Adam à Son image. (Sahih Al-Bukhari, Kitab Al-Isti’than, 1 ; Sahih Muslim, Kitab Al-Birr 115 ; Musnad Ibn Hanbal, 2 : 244, 251, 315, 323 etc. et al.) Nous vous avons créés, Nous vous avons modelés, puis Nous avons dit aux anges : « Prosternez-vous devant Adam ! » Tous s’exécutèrent, Iblis seul refusa de s’incliner. (Al-A’raf, 7:11)
Par le figuier et l’olivier, par le mont Sinaï et par cette cité sacrée ! En vérité, Nous avons doté l’homme, en le créant, de la forme la plus parfaite, pour le ravaler ensuite au plus bas de l’échelle, excepté ceux qui croient, font oeuvre pie, et qui recevront une récompense qui ne sera jamais rappelée ! Comment peux-tu après cela douter encore du Jugement dernier ? Dieu n’est-Il pas le plus équitable des juges ? (Al-Tin, 95:1-8)
Tel est Dieu qui a fait pour vous de la Terre un lieu de séjour et du firmament une immense voûte, qui vous a pourvus de formes harmonieuses et qui vous a procuré une subsistance délicieuse. Tel est Dieu, votre Seigneur ! Béni soit Dieu, le Maître de l’Univers ! (Al-Ghafir, 40:64)
Cependant, les injustes n’en continuent pas moins à suivre inconsciemment leurs passions. Mais qui donc peut guider ceux que Dieu égare ? Ceux-là n’ont personne pour les secourir. Consacre-toi à la religion, en monothéiste sincère ! C’est Dieu qui a voulu que cette croyance fût inhérente à la nature de l’homme. Et l’ordre établi par Dieu ne saurait être modifié. Telle est la religion de la rectitude, mais la plupart des hommes n’en savent rien. (Al-Rum, 30:29-30)
Une fois que Je lui aurai donné sa forme définitive et l’aurai animé de Mon Esprit, vous vous prosternerez devant lui. (Sad, 38:72)
Quand ton Seigneur dit aux anges : « Je vais installer un représentant sur la Terre. » Et les anges de repartir : « Vas-tu établir quelqu’un qui y fera régner le mal et y répandra le sang, alors que nous chantons Ta gloire et célébrons Tes louanges ? » Le Seigneur leur répondit : « Je sais ce que vous ne savez pas. » Et Il apprit à Adam tous les noms ; puis les présenta aux anges en leur disant : « Faites-Moi connaître les noms de tous ces êtres, si vous êtes véridiques. » Et les anges de dire : « Gloire à Toi ! Nous ne savons rien d’autre que ce que Tu nous as enseigné ; Tu es, en vérité, l’Omniscient, le Sage. » Dieu dit alors : « Ô Adam ! Fais-leur connaître les noms de ces choses ! » Et lorsque Adam en eut instruit les anges, Dieu ajouta : « Ne vous avais-Je pas avertis que Je connais le secret des Cieux et de la Terre, ainsi que les pensées que vous divulguez et celles que vous gardez dans votre for intérieur ? » Et lorsque Nous dîmes aux anges : « Prosternez-vous devant Adam ! », ils s’exécutèrent tous à l’exception Iblis qui refusa avec orgueil, et fut ainsi du nombre des infidèles. Nous dîmes alors : « Ô Adam ! Installe-toi avec ton épouse dans le Paradis. Mangez de ses fruits à satiété et où il vous plaira ; mais ne vous approchez point de l’arbre que voici, sinon vous vous mettriez du côté des injustes. (Al-Baqarah, 2:30-35)

[18] Sahih Al-Bukhari, Kitab al-Iman, Hadith no.13.

[19] Sahih Muslim, Kitab al-Iman, 67-1, Hadith no.45

[20] Les commentaires traditionnels du Saint Coran (voir : Tafsir Ibn Kathir, Tafsir Al-Jalalayn) s’accordent généralement sur le fait qu’il s’agit d’une référence aux derniers mouvements de la prière canonique musulmane.

[21] Abu Ja’far Muhammad Bin Jarir Al-Tabari, Jami’ al-Bayan fi Ta’wil al-Qur’an, (Dar al-Kutub al- ‘Ilmiyyah, Beyrouth, Liban, 1ère éd., 1992/1412), tafsir de Aal-‘Imran, 3:64 ; Volume 3, pp. 299-302.

[22] Selon les grammairiens cités par Tabari (op. cit.), le terme « commune » (sawa’) dans l’expression « une parole commune entre vous et nous » signifie aussi « juste », « équitable » (adl).

[23] Saint Theophylact (1055-1108 C.E.) fut l’Archevèque orthodoxe d’Ochrid et de Bulgarie (1090-1108 C.E.). Sa langue maternelle était le grec du Nouveau Testament. Son Commentaire est actuellement disponible en anglais chez Chrysostom Press.

l

Publié dans : lettre de 138 savants musulmans | le 31 août, 2009 |Pas de Commentaires »

Burda en francais.

Au Nom de Dieu, tout Miséricordieux, tout Compatissant.1 – Est ce à la remémoration de (tes) anciens voisins de Zû salam que tu répandes des larmes sanguinolentes.

2- Ou est en en raison du vent qui souffle du côté de Kadhima, tandis que l’éclair fend de ses éclats les ténèbres du coté d’Idâm ?

3 – mais qu’ont donc tes yeux à déchainer en larme lors même que tu les convies à cesser (de pleurer) ?
Et qu’a ton coeur à vaguer alors que tu le convie à se ressaisir ?

4 – l’amoureux présume-t-il (sérieusement) pour voir déguises sa passion quand ses larmes et un feu intérieur (le dénoncent) ?

5 – Sans l’amour tu ne déverserais pas de larmes sur les débris des campements (abandonnés) et l’évocation d’Al Bân et d’al’alam ne (ne te causerait) aucune insomnie.

6 – Comment désavouerais-tu un amour confirmé par tes larmes et ta maladie tels des témoins à charge

7 – Et alors que tes sanglots et ton dépérissement ont imprimé à tes joues la (pâleur) du narcisse et la couleur de l’anam ?

8-  oui , je me suis énamouré. L’apparition de celle que j’aime m’est apparue dans la nuit et m’a réveillé.
Par l’affliction qu’il entraîne au réveil, l’amour élimine les plaisir (du rêve)
9 - Ô toi qui me recuse un amour platonique, sois indulgent !
Si tu étais équitable tu l’empêcherais de ma blâmer.

10 – Puisses-tu, par contamination éprouver mon sort !
Mon secret n’est pas ignoré des adversaires, et le mal qui me dévore n’est pas près de prendre fin.

11 – Tu m’accordes généreusement des bons conseils, mais je ne puis t’écouter, car le passionné est sourd aux reproches.

12- J’ai déjà soupçonné les réprimandes de mes cheveux blancs, et pourtant la canitie est au-dessus de toute suspicion.

13 – Mon âme, inspiratrice du mal, ne tient point compte, par méconnaissance, des présages de la vieillesse et de la conduite.

14 – Elle ne s’est nullement préparée par de bonnes actions, à recevoir l’hôte dégagé qui c’est installé sur ma tête.

15- Si j’avais pressenti que je ne pourrais le recevoir noblement, j’aurais caché grâce au Katam, le secret qu’il m’a dévoilé.

16 – Qui m’aidera donc à arrêter mon âme en ses passions comme on maintient par la bride un cheval violent. 

17 – Ne cherche pas à apaiser son appétence par des actes d’insoumission à Dieu.18 – L’âme est similaire à un bébé. Délaisé à lui même, il voudrait téter jsqu’à l’adolescence. Mais, si on le sèvre, il se dessaisit de l’allaitement.

19 – Écarte-toi de la passion ! Méfie-toi de son autorité ! 
Ce que la passion commande est, en vérité, ou détruit ou déchu.

20 – Songe donc à ton âme pendant qu’elle s’adonne à des oeuvres pies et si, telle une brebis, elle découvre un pâturage doux ne l’y abandonne point !

21 – Que de fois elle magnifie un plaisir fatal pour l’homme qui ignore qu’une riche nourriture peut contenir du poison.

22 – Crains autant les embûches de la faim que ceux du repu, car souvent la misère est plus redoutable que la surabondance.

23 – Nettoie de ses larmes ton oeil rempli d’illusions interdites et consacre toi à te racheter par le repentir.

24 – Chasse les propositions de l’âme et de Satan, et désobéis leur. 
Et quand bien même ils te donneraient de bons conseils, sois craintif !

25 – Ne leur obéis point, qu’ils soient pour toi rivaux ou conciliateurs.
Car tu connais bien la trahison de l’adversaire autant que celle du juge.

26 – J’implore pardon à Dieu de parler sans pratiquer. C’est comme si je reconnaissais une descendance à un homme atteint de stérilité.

27 – Je conseille aux autres d’opérer le bien sans suivre mes propres exhortations, ni cherche à être probe. A quoi bon de leur dire : « Corrigez-vous ! »

28 – Je ne me suis muni, avant ma mort, d’aucune provision supplémentaire et ne me suis prescrit comme prière et comme jeûne que ce qui était rigoureusement obligatoire.

29 – (Par égarement) je ne me suis point assujetti à la tradition de celui qui par ses prières nocturnes chassait les ténèbres avec une régularité telle que ses pieds enflés le faisaient terriblement souffrir.

30 – (Et à qui il arriva d’être) accablé par la faim et de serrer sa ceinture après avoir mis une pierre entre celle-ci et ses flancs fragiles.

31 – Lorsque des montagnes érigées transformées en or, se proposèrent à lui pour le séduire, avec quel éloignement il s’en détourna.

32 – Son besoin affirmait chez lui la privation car l’ascèse ne saurait avoir raison de l’infaillibilité.

33 – Le besoin pouvait-il pousser vers le monde, celui là même sans lequel le monde ne serait pas sorti du néant ?

34 – Muhammad est le Seigneur des deux mondes des deux espèces d’être des deux branches de la race humaine, les arabophone et les autres.

35 – Notre Prophète est l’ordonnateur du bien et l’adversaire du mal. Nul n’est plus authentique que lui dans ses négations et ses affirmations.

36 – C’est l’ami de Dieu dont on compte sur l’intercession le jour de la résurrection contre tous les dangers inattendus.

37 – Il a invité les hommes à Dieu. Ceux qui se sont adjoints à lui, le sont par une filiation qui ne se brise pas. 

38 – Il a dépassé les Prophètes par ses aptitudes physiques et ses vertus morales ; ils ne sauraient l’égaler ni en science, ni en bonté.

39 – Tous ont cherché à emprunter à l’océan de la science de l’Envoyé de Dieu ou à boire de  la pluie ininterrompue de sa magnanimité.

40 – Ils se tiennent debout devant lui, suivant leur rang, tels les points diacrétiques du livre de la science ou les voyelles du livre de la sagesse.

41 – C’est Lui ayant été rendu exemplaire moralement et physiquement, fut élu ensuite comme ami par le Créateur du genre humain.

42 – Personne ne saurait l’égaler quand à ses bontés, En Lui, la nature de beauté n’endure aucun partage.

43 – Laisse donc de côté ce que les Chrétiens racontent sur leur Prophète et attribue au nôtre tous les éloges et toutes les louange que tu voudras !

44 – Tu peux décerner à sa personne toute la magnanimité possible et à son mérite toute la majesté qui te plaira. 

45 – La valeur de l’Envoyé de Dieu est si illimitée qu’on ne saurait l’énoncer verbalement.

46 – Si ses miracles par leur générosité correspondaient à son rang, l’invocation de son nom eût suffi à rendre la vie aux os endurcis.

47 – Par affection pour nous il nous a ménagé tout ce qui est difficile pour l’intelligence, si bien que nous ne sommes ni dans le doute ni dans l’erreur.

48 – L’entendement de sa réalité a déconcerté les hommes près de lui et loin de lui, on ne voit que des gens astreint au silence.

49 – Tel le soleil qui de loin parait petit pour  les yeux, mais fascine ceux qui le regardent de face. 

50 – Comment des gens endormis comblés de leur rêves pourraient ils ici bas, appréhender sa réalité ?  

51- Tout ce que l’on sait sur lui c’est qu’il appartient au genre humain et qu’il demeure la plus parfaite de toutes les créatures de Dieu.

52 – Tous les prodiges accomplis par les sublimes Messagers de Dieu n’ont pu l’être que grâce à la lumière dont il les illuminait. 

 53 – Il est le soleil de la grâce tandis qu’eux n’en sont que les planètes dont la magnitude n’appartient aux homme que dans l’obscurité.

54 – Quel prodigieux physique que celui du Prophète, mis en valeur par un admirable caractère, distingué par sa beauté autant que par sa gaieté.

55 – Il est approchant de la fleur par la douceur, à la pleine lune par l’ascension à la mer par la noblesse au temps par les propos.

56 – Quand il se rencontrait seul il en prescrivait par sa majesté comme s’il était au milieu d’une armée et d’une postérité effrayante.

57 – Quand il parlait ou souriait, ses dents se manifestaient entre ses lèvres comme des perles au sein d’un coquille.

58- Aucun parfum n’atteint celui de la terre qui couvre son corps
Bienheureux celui qui a respiré ce parfum ou enlacé cette terre !

59 – Les modalités mêmes de sa naissance confirment sa haute ascendance. Quel glorieux début présomptueux et quelle illustre fin (furent les siens).

60 – Ce fut le jour dont les Persans dégagèrent comme présage, l’annonce des malédictions et des châtiments qui allaient tomber sur eux.

61 – La nuit, le pavillon du palais de chosroés fut félé, marquant l’éparpillement de sa dynastie.

62 – Le feu éteignit sa flamme par la suite de ses remords et, de mélancolie, le fleuve oublia sa source. 

63 – (La cité) de Sawa s’accabla de la perte de son las et celui qui y venait assécher sa soif dut s’en retourner fort exaspéré.

64 – Ce fut comme si (de tristesse) le feu avait prit l’humidité de l’eau pour s’éteindre et celle-ci, l’énergie du feu pour s’évaporer

65 – Les génies poussaient des cris et les lumières miroitaient et la vérité se révélait ainsi par signes et par paroles.66 – Ils étaient comme aveugles et sourds : la communication de la bonne nouvelle de la nativité du prophète ne fut pas entendue, pas plus que ne fut aperçu le signal lumineux du présage.

67 – Et ce, après avoir été avisés par leurs devins que leur sinueuse religion allait s’effondrer.

68 – Et vu des flammes tomber à l’horizon, et leur idoles par terre.

69 – Aussi bien les démons mis en débâcle s’éloignèrent-ils en vitesse, les uns derrière les autres de la voie de la révélation.

70 – Dans leur déroute, ils ressemblaient aux guerriers d’Abraha ou encore à cette armée contre laquelle de ses deux mains, le prophète lança du gravier.

71 – Mouvement après louange de Dieu, et évoquant celui de Jonas expulsé des entrailles du poissons qui l’avait dévoré. 

72 – A son signe, les arbres vintent se prosterner, s’avançant sur un tronc sans racine.73 – On eût dit qu’ils traçaient des lignes pour les lettres admirables qu’écrivaient leur rameaux au milieu du parcours.

74 – Miracle similaire à celui du gros nuage qui le suivait pour le préserver de son ombre contre le soleil torride de midi.

75 – J’en jure parla lune disjointe qu’il y avait une similitude ente celle ci et son coeur

76 – J’en jure aussi par ce que la grotte refermait de précieux et de noble, alors que les yeux de tous les poursuivants semblaient frappés de cécité.

77 – Et que le détenteur de la vérité et le véridique étaient dans la grotte. Pourtant les idolâtres jurèrent « il n’y a personne ici »

78 – Ils pensèrent que le pigeon ne pouvait planer au dessus de la meilleure des créatures et que l’araignée ne pouvait non plus tisser sa toile pour dissimuler.

79 – le secours de Dieu lui permit de se passer doublement d’une combinaison de mailles et d’une forteresse élevée.

80 – Jamais je n’ai fait appel au prophète contre les injustices du temps, sans trouver auprès de lui un souverain efficace.

81- Je n’ai jamais non plus quémandé une richesse utile ici bas ou dans l’autre monde sans recevoir une faveur généreuse de la main la plus digne d’être baisée.

82 – Ne conteste pas la révélation qu’il a reçue en songe ! Son coeur était alerté et ses yeux dormaient.

83 – Cette révélation se produisit à l’âge de la prophétie et on ne peut refuser de croire à ce qu’il recevait en songe.

84 – Béni soit Dieu ! La révélation ne s’obtient point par les voies et moyens ordinaires et aucun prophète ne saurait être accusé de mensonge.

85 – Que de malade n’a-t-il pas guéris par simple caresse de la paume de sa main ! Et que de malheureux n’a-t-il pas soustrait ainsi à l’égarement.

86 – Grâce à sa prière, l’année de sécheresse devenait aussi pluvieuse qu’une bonne année verdoyante.

87 – Et grâce à elle un nuage chargé d’une pluie généreuse avait provoqué des torrentiels similaires à un mer furieuse, ou encore  l’inondation de l’Arim.

88 – Permets que je poursuive le dénombrement des merveilles accomplis par le prophète et qui se présentent aux regards tel le feu de l’hospitalité sur les monticules. 

89 – Les perles sont d’autant plus belles qu’elles sont passées en colliers, mais pêle mêle, leurs prix n’essuie aucune décroissance pour autant.

90- C’est en vain qu’un poète diffus espère parvenir à rendre compte de la magnanimité innée de son caractère ou de ses valeurs morales.

91 – Les versets du Coran sont des signes de vérité provenant du Tout Miséricordieux, créés et pourtant éternels en tant qu’attributs de l’Eternel.

92 – Ils ne se ramènent pas seulement à une époque ; mais ils nous éclairent sur la résurrection aussi bien que sur Ad et Iram.

93 – Ils restent parmi nous, excédant tous les miracles exécutés par les prophètes qui avaient fait une passagère apparition.

94 – Précis il ne conservent aucun doute pouvant bénéficier aux orthodoxes. (Pour être compris), ils ne demandent l’invitation d’aucun arbitre.

95 – Ils n’ont jamais été assaillis sans que les plus passionnés de leur adversaires ne fussent confondus et contrains à solliciter la paix. 

96 – leur éloquence bat en brèche les thèses de leurs adversaires, tel un homme jaloux culbutant un séducteur voulant porter atteinte à l’honneur de son harem.

97 – les sens qu’ils ont, sont similaires aux vagues de la mer dans leur enchaînement. Ils dépassent cependant ce qu’elles renferment comme perles en beauté et en prix.

98 – On ne peut ni énumérer, évaluer les miracles qu’ils renferment, encore moins se fatiguer du rythme de leur répétition.

99 – L’oeil de celui qui les lit est apaisé « Tu as réussi à saisir le pacte qui rattache à Dieu, ai je dit à leur lecteur : tiens le bien ».

100 – Si tu les lis par peur des flammes de l’enfer, sache que tu éteins, par une telle pureté l’impétuosité du feu.

101 – Ils sont comme le réservoir d’eau grâce auquel les visages noircis des pécheurs deviendront blancs.  

102 – Ils sont, pour la droiture, comme le pont Sirât ou balance en dehors desquels il n’y a pas de jugement parmi les hommes.

103  Il n’y a pas lieu de s’impressionner excessivement, si le cupide les refuse en simulant l’ignorance alors qu’il est homme capable et d’une intelligence confirmée.

104 – Atteint d’ophtalmie l’oeil ne peut regarder le soleil et une bouche malade est inapte d’évaluer la saveur de l’eau.

105 - Ô le meilleur de ceux vers l’enceinte de qui accourent les implorants à pied ou montés sur des chamelles qui gardent des traces sur le sol .

106  Ô toi qui constitue la merveille la plus grande pour l’homme qui raisonne et la grâce la plus éminente pour celui qui sait en profiter.

107 – Tu as voyagé, la nuit, d’un sanctuaire à un autre sanctuaire, telle la pleine lune transperçant l’obscurité des ténèbres.

108 – Tu as passé la nuit à t’élever jusqu’à ce que tu fusses à la distance des deux arcs du Trône de Dieu, atteignant ainsi un niveau et jamais souhaité.

109 – Tous les prophètes et tous les apôtres de Dieu t’ont placés à leur tête, tels des serviteurs, concédant le pas à leur maître.

110 – Tu étais le porte étendard de leur défilé, à travers les sept cieux.

111 – Ne laissant à aucun rival présomptueux la possibilité d’être près de toi ou au dessus de toi.

112 – Tu as déprécié par rapport au tien tous les rang (de prophètes), dès que tu fus invité à être leur unique et souverain chef.

113 – Pour être mystérieusement en union avec Dieu – et quel mystère ! et être mis au courant d’un secret – et quel secret !

114 – Tu as sans réserve acquis tout honneur et escaladé tous les degrés de la grandeur, sans rival.

115 – Combien est glorieux le rang qui t’a été assigné ! Et combien sont merveilleux les faveurs dont tu as été couvert.

116 – Ah, la bonne nouvelle pour nous communauté musulmane ! La providence nous a gratifiés d’un pilier ferme.

117 – A l’instant même ou celui qui nous a conviés à l’obéissance fut appelé par Dieu le plus noble des prophètes, nous devîmes la plus élevée, des communautés.

118 – La nouvelle de sa mission jeta la terreur dans le coeur des ennemis de Dieu. On eût dit un troupeau de moutons étourdis stupéfaits par le surgissement du lion.

119 – Il ne renonce pas de leur faire face sur tous les champs de bataille, jusqu’à ce que tous les coups de lance qu’ils reçurent les fissent ressembler à de la viande (exposée) sur une table.

120 – Ils aspiraient fuir et en avaient la fatalité de débris des corps de leurs arrachés par les aigles et vautours.

121 – Les nuits passaient sans qu’ils connaissent le nombre, mises à part les nuits des mois sacrés.

122 – La religion semblait un convive descendu dans leur voisinage, convoyé de chefs courageux, avides de la chair de l’ennemi.

123 – Emmenant une armée montée sur des chevaux rapides aussi déchaînée qu’une mer agitée, qui lancerait des héros.

124 – Héros qui , répondant à l’appel de Dieu et se créant des vertus pour la vie future, attaquaient en brandissant leurs épées pour anéantir les infidèles.

125 – Et ce jusqu’à ce que les commandements de l’Islam, jadis étrangères parmi les mécréants, furent devenues aussi amis qu’une parente par le sang.126 – Défendus à jamais par le meilleur des pères et l’excellent des maris, ils ne seront ni orphelins, ni veuf.

127 – Ils étaient aussi fermes que les montagnes. Interroge leurs adversaires sur ce qu’ils ont constaté chez eux à chaque combat.

128 – Interroge Honyn, Bdr, Uhud qui connurent de périodes plus funestes que la peste.

129 – Ils se dégageaient du champ de bataille, leurs épées blancs teintés de sang de l’ennemi à force de s’abattre sur des têtes aux cheveux noirs.

130 – Ils perçaient de leur lance brunes les corps de leur ennemis et les trier de leur flèches, à l’instar des calligraphes qui tracent des lignes et mettent les points sur les lettres.

131 – Armés de pied en houppelande à l’instar de leur ennemis ils s’en différenciaient cependant par une indication. La rose se différencie bien de la ronce.

132 – Le vent de la victoire exhalait leur parfum. On eût pris chacun d’eux, pour une fleure en bouton.

133 – Quand ils étaient montés à cheval, ils ressemblaient à une végétation de colline. Impossibles par leur inébranlable et non pas grâce au porte étriers de leurs selles.

134 – Leur bravoure terrifia le coeur de l’ennemi à point tel qu’on ne distinguait plus les braves d’un troupeau de moutons.

135 – Quiconque joui de l’appui de l’Envoyè de Dieu, les lions eux mêmes, quand ils le rencontrent, restent silencieux dans les buissons.

136 – Jamais un ami du Prophète n’est privé de son soutien et toujours son ennemi finit par être éreinté.

137 – Il a disposé sa communauté sous la protection de sa doctrine, tel un lion qui élut dans la forêt un asile pour lui et pour ses lionceaux.

138 – Que d’adversaires furent, à son sujet, déconcertés par la parole de Dieu ! Et que de rivaux ont été réduits au silence par ses preuves.

139 – Qu’il te suffise, en fait de miracles, d’évoquer tant de science innée en un illettré, en pleine période d’ignorance, et à une éducation aussi subtile que la sienne, chez un orphelin.

140 – Je l’ai servi par un panégyrique dans l’espoir d’obtenir de Dieu l’ablution des péchés que j’ai commis au cours d’une vie consacrée à la vouée poésie et à la complaisance.

141 – Qui m’ont toutes les deux valu des rétributions aux conséquences effrayantes et fait ressembler à une bête consacrée à être sacrifiée.

142 – Dans les deux cas, je n’ai pas résisté aux aberrations de la jeunesse et je n’en ai tiré que péchés et regrets.

143 – Ô la perte que mon âme a subie en un tel trafic ! elle n’a pas su échanger ce monde pour la religion.

144 – Quiconque échange ce qui est durable pour ce qui est passager découvrira bien vite son déficit dans la vente comme dans la livraison.

145 – Il est vrai que si je commets un péché, ma convention avec le Prophète n’est pas dissoute pour autant et le lien qui me fixe à la religion n’est pas non plus brisé.

146 – Je réclame son témoignage du fait que je me nomme Muhammad, et le Prophète est plus sûr des défenseurs parmi les créatures.

147  Si, dans la vie future, il ne me prend pas par la main par bonté, tu pourras dire à mon sujet : « quelle chute ».

148 – Loin de lui le refus de sa bienveillance, à qui espère en lui, ou de laisser partir son voisin sans l’honorer.

149 – Depuis que je me suis employé à faire ses louanges, j’ai trouvé en lui le plus affectueux des sauveurs.

150 – Sa richesse ne laisse pas vide la main l’indigent. La pluie ne fait elle pas germer les fleurs sur les hauteurs.

151 – Je n’aspire pas aux fleurs de ce bas monde, que cueillirent les mains de Zuhayr, en récompense de l’éloge qu’il fut de Harim.

152 – Ô, la plus belle des créatures ! Je n’aurais personne auprès de qui je pourrais trouver un abri le jour de la résurrection en dehors de toi.

153 – Ô Messager de Dieu ! Ta grandeur ne sera pas restreinte à cause de moi, lorsque le Généreux prendra nom de Vengeur.

154 – Car ce bas monde et le monde futur dépendent ton indulgence et la science contenue dans la table bien gardée et du Calame fait partie de ton savoir.

155 – Ô mon âme, ne te désole pas de la miséricorde divine à cause de tes lourds péchés. Le pardon de Dieu s’étend aux péchés majeurs comme aux péchés insignifiants.

156 – Il se peut que la miséricorde de Dieu, soit lors de sa distribution adoptée à la gravité e l’insoumission.

157 – Seigneur, fais que mon espoir en Toi, ne soit pas leurré et que mon calcul ne soit une aberration.

158 – Sois Clément envers ton serviteur en cette demeure et en la demeure future car sa résistance s’effond dès que les terreurs les attaquent.

159 – Répands Ta bénédiction continuellement et abondamment sur le Prophète.

160 – Tant que la brise d’est fera pencher les rameaux du saule musqué et tant que le chamelier séduira son troupeau par son chant.

Publié dans : burda en francais, Non classé | le 31 août, 2009 |Pas de Commentaires »

L’ autre islam .

Après la mort du saint soufi Junayd, surnommé « le sultan de l’assemblée spirituelle », un de ses disciples, Ja’far Khuldi, le vit en songe et lui demanda ce que Dieu avait fait de lui. Junayd lui répondit : « Les belles phrases ont été vaines et les formules mystérieuses se sont avérées stériles. Rien ne nous a été utile que les quelques prosternations accomplies au sein même de la nuit ». Ceci peut être rapproché de cette prière du Prophète lui-même, qui implorait : « Ô mon Dieu, protège-moi contre toute science inutile ». En effet, ce que l’on nomme la science utile, c’est celle que l’on met en pratique.Il ne sert à rien d’accumuler des connaissances sur la religion, si celles-ci ne sont pas suivies d’une mise en pratique.
Un jour, les habitants d’un petit village décidèrent de nommer Nasruddin imam de leur mosquée. Le vendredi, il vint donc faire son premier prêche, et celui-ci était tellement clair, tellement prenant et tellement bien tourné, que chacun en fut impressionné, et vint le féliciter après l’office. Le vendredi suivant, il monta de nouveau en chaire, et refit très exactement le même discours. Les habitants se demandèrent dans quelle mesure il avait oublié leur avoir déjà fait ce prêche, mais ils n’osèrent pas lui demander. Par contre, quand il refit une nouvelle fois le même le vendredi suivant, ils vinrent en délégation lui expliquer ce fait, et lui demander quand il passerait à autre chose. Sa réponse fut des plus simples : « Je passerai à autre chose dès que vous aurez mis en pratique ce que je viens de vous dire ! ».

Une expérience quotidienne

L’islam est une religion avant tout expérientielle : son sens ne réside pas dans les mots, et seul un vécu quotidien peut en révéler la saveur. Mais cette mise en pratique ne doit pas non plus devenir une fin en soi, car le but est au-delà. Le doigt ne sert qu’à montrer la lune, il s’agit de regarder ce qu’il nous indique, et non pas de le regarder lui. Pire encore, il ne s’agit pas d’en faire un instrument de jugement, en vue d’acquérir un pouvoir sur les autres. Le travail spirituel a pour but de faire évoluer notre rapport au monde, non pas en essayant de changer le monde, mais en modifiant progressivement la perception que l’on en a.

Dans cette optique, la mise en place de certains éléments va nous être d’une aide considérable, en exposant le cœur à ce que l’on appelle parfois le Souffle du Miséricordieux, c’est-à-dire des effluves spirituelles qui vont à la fois le nourrir et le purifier. C’est par un recentrage progressif de l’ensemble de l’être sur la perception du cœur que vont pouvoir survenir en notre for intérieur les ouvertures et les états spirituels qui nous conduiront sur ce chemin. Ces états peuvent être vécus à différents niveaux. Ainsi, la gratitude peut s’exprimer avec la langue, lorsque l’on pense à remercier Dieu pour ce qu’Il nous donne chaque jour. C’est déjà une première étape. Mais si cet état s’amplifie et se développe en profondeur, alors viendra le besoin d’en tirer les conséquences, et de se mettre à son service, notamment par le respect de Ses prescriptions, afin de « mettre en actes » sa reconnaissance. Plus profondément encore, la gratitude du cœur consistera à toujours voir le Donateur derrière le bienfait, et à reconnaître que tout vient de Dieu, au-delà des moyens divers par lesquels Ses dons nous parviennent.

Il en est de même pour les actes rituels. A un certain moment du cheminement, ces pratiques deviennent une véritable source de vie qui transforme l’ensemble de notre existence. La prière n’est plus vécue comme un devoir ou comme une contrainte, mais comme l’occasion de se retrouver, de se ressourcer. Rupture dans la course du temps, elle est un instant de retour qui permet de reprendre des forces en revenant à l’essentiel.

Les pratiques de l’islam sont fondées sur cinq piliers : le double témoignage (qu’il n’y a pas de divinité si ce n’est Dieu et que Muhammad est l’Envoyé d’Allah), la prière, l’aumône légale, le jeune du mois de Ramadan et le pèlerinage à la Mecque. La mise en pratique de ces cinq piliers vise à nous rapprocher de notre nature originelle, en nous mettant en disposition de recevoir par un travail de purification intérieure.

Le double témoignage rappelle à notre ego qu’il n’est pas le seul maître à bord, mais que c’est Dieu qui tient les rênes de notre existence. La négation de toutes nos idoles intérieures, que nous avons trop souvent tendance, même malgré nous, à traiter comme des divinités, se poursuit par l’affirmation de l’Unicité divine. Quant à la reconnaissance de la mission attribuée au Prophète Muhammad, elle revient à reconnaître la possibilité d’un chemin de retour vers Dieu, et donc le fait que notre existence a un sens. Ce double témoignage constitue les fondations de la foi musulmane. Pour devenir musulman, il suffit d’ailleurs d’accepter de le prononcer. Notons qu’il ne s’agit pas d’adhérer simplement à une idée ou à une croyance, mais bien de prononcer avec sa langue, en arabe, les paroles que Dieu nous a révélées pour formuler ce témoignage. La participation du corps est donc encore une fois nécessaire, de la même manière que lorsque l’on invoque Dieu, ou que l’on récite une sourate du Coran à voix basse lors de la prière. La langue prononce toujours les mots, que ce soit de manière audible ou non. Et on recommande d’invoquer Dieu avec les mots qu’Il nous a Lui-même appris, dans la langue qu’Il a choisie pour s’adresser à nous à ce moment.

On dit que le son entraîne le sens, et il est frappant de constater combien la lecture du Coran en langue arabe, même lorsque l’on ne comprend pas cette langue, peut plonger certaines personnes dans des états spirituels très profonds. On a l’impression alors que le cerveau ne comprend pas, mais que le cœur lui, comprend, au-delà de la barrière de la langue.

Plongée dans une dimension cosmique

La plupart des rituels de l’islam sont rattachés au mouvement des astres dans le ciel. En fonction de la position du soleil dans le ciel, les horaires des prières se déplacent dans la journée au cours des saisons, leur amplitude s’élargissant en été pour se rétrécir en hiver. De la même manière, le mois de ramadan se déplace tout au long de l’année, cette fois en liaison avec le calendrier lunaire. Les mois lunaires étant de 29 ou 30 jours, l’année lunaire comporte 11 jours de moins que l’année solaire. Un même rituel peut donc se situer au cours du temps à différents moments de l’année : la prière du soir a lieu à 17 heures en hiver et à 21 heures en été, et le mois sacré de ramadan peut se situer, selon les années, au cœur de l’hiver aussi bien qu’en plein été. Tous ces éléments contribuent à ancrer les musulmans dans une perception du temps cosmique, au caractère cyclique évident pour tous.

Partant toujours de ce que nous sommes, la prière est inscrite dans un contexte spatio-temporel précis. Elle se fait aux heures fixées par Dieu, et non selon notre fantaisie. Elle est toujours orientée dans la direction de la Mecque, quelque soit l’endroit où l’on se trouve dans le monde. Il s’agira donc parfois de se placer vers le Sud, et parfois vers l’Est, ou même vers le Nord, selon le lieu où l’on est amené à prier. Elle est précédée par des ablutions, qui visent à retrouver une pureté rituelle. Il ne faut d’ailleurs pas confondre pureté et propreté. Même si les ablutions se font le plus souvent avec de l’eau, et que la pureté rituelle induit une certaine propreté, il s’agit selon les mots du Prophète de « revêtir son habit de lumière », ce qui va bien au-delà d’un simple nettoyage. Des matières naturelles comme la boue ou le sable ne sont d’ailleurs pas considérées comme impures, et leur contact n’invalide donc pas les ablutions. Il s’agit aussi au niveau de l’âme de se mettre en disposition de recevoir, de se rendre disponible pour cet entretien spirituel qu’est la prière, ou encore de se mettre « dans l’esprit » de la prière.

L’aumône nous apprend à nous détacher des biens matériels, et à réaliser la grâce qui nous est faite que de pouvoir disposer de quelque chose à donner. On dit que toute chose a son aumône, qui sert à la purifier, et que l’aumône du corps est le jeûne. La chambre d’amis est considérée comme l’aumône d’une maison. L’aumône légale vise donc à purifier les biens que nous avons reçus. Elle nous rappelle que ces biens nous ont été attribués par la Grâce de Dieu, et n’ont pas été acquis par notre seul mérite. Le fait d’en rétrocéder une partie à Dieu revient à reconnaître le Donateur derrière ces bienfaits, et permet également de mettre en œuvre une solidarité nécessaire avec les plus pauvres d’entre les croyants. Le produit de cette aumône est en effet attribué à huit catégories bien précises d’individus, en commençant par les plus nécessiteux.

Le jeûne du mois de ramadan nous rappelle notre foncière dépendance envers notre corps, et donc envers son Créateur. Chaque année, pendant 29 ou 30 jours, plusieurs centaines de millions de musulmans de par le monde jeûnent entre l’aube et le crépuscule. Hommes ou femmes, jeunes ou vieux, pauvres ou riches, blancs ou noirs, tous les musulmans des cinq continents jeûnent, au même moment de l’année, de la même façon. Tout ceci procure une certaine sensation d’unité et d’appartenance, dans cette quête fervente du retour à notre état originel.

Durant ces heures de jeûne, il est strictement interdit d’absorber la moindre nourriture, la moindre boisson, ou d’avoir des relations intimes entre époux. L’ensemble de notre vie est bouleversé par cette rupture des habitudes. Sans les repas pour les rythmer, les journées semblent s’allonger, et se rendre disponibles pour l’adoration de Dieu. Allégé, le corps est moins pesant, plus porté aux ressentis intérieurs.

Un échange entre le célèbre calife abbasside Haroun al Rashid et son conseiller, Ibn al Sammâk, est un exemple révélateur, entre autres, de l’importance de la nourriture. Au calife ayant demandé qu’on lui servît de l’eau, Ibn al Sammâk demanda :
Ô Prince des croyants, si cette boisson t’était refusée, que donnerais-tu pour l’obtenir ?
Je donnerais jusqu’à mon royaume tout entier, répondit-il.
Ô Prince des croyants, si tu ne pouvais éliminer cette eau de ton corps, que sacrifierais-tu pour pouvoir le faire? poursuivit l’autre.
Je céderais jusqu’à mon royaume tout entier, répondit-il à nouveau.
Comment donc, Ô Prince des croyants, peut-on se réjouir de posséder un royaume qui ne vaut ni quelques gorgées d’eau, ni un peu d’urine ?

Ceci montre toute l’importance du corps, et permet de relativiser bien des choses.

Le mois de ramadan est aussi le mois où le Coran est descendu, tout entier incréé, dans le cœur du Prophète Muhammad. C’est à dire qu’au cours d’une nuit de ce mois 2, le Prophète a reçu la visite de l’archange Gabriel, qui lui a demandé de lire, à lui qui était illettré. Et il lui fut donné de lire, finalement, ce qui s’était inscrit dans son propre cœur. On dit que le Coran est descendu en une seule fois dans son cœur en cette nuit particulière, et ce, même si ses versets ne se sont que peu à peu actualisés au cours du temps, durant les années qui suivirent. Ici encore, l’esprit a pris la forme de lettres pour se faire comprendre des hommes, et les ramener sur le chemin de leur Créateur.

Dernier pilier de l’Islam, le pèlerinage se présente comme une mort initiatique, un symbole de ce chemin de retour sur lequel nous sommes tous engagés. Pour s’y rendre, au moins une fois dans sa vie pour ceux qui en ont la possibilité physique et matérielle, il convient de régler toutes ses affaires comme si l’on entamait son dernier voyage. Le musulman sacralise son corps, revêt une tenue d’une seule pièce de tissu non cousu, symbole de pureté, et se présente devant Dieu pour se mettre à son service, en poussant ce seul cri : « Me voici ! ». Le rituel du pèlerinage est extrêmement précis et détaillé, qu’il s’agisse des mouvements, des gestes ou des paroles à accomplir. Libérée des impératifs de choix, l’âme peut se consacrer toute entière à la contemplation.

L’éternité dans l’instant

Ainsi les pratiques spirituelles, qui sont autant de formes d’invocation de Dieu, partent toujours du corps, de l’ici et maintenant, pour s’élancer vers Dieu et vers l’éternité. L’éternité n’est pas de ce monde ; on ne peut la goûter véritablement qu’au creux de l’instant qui passe. En effet, chaque instant contient la Présence divine, mais c’est l’homme qui en est absent. En s’immergeant dans l’instant, on rejoint l’éternel. Si le souvenir peut évoquer le passé dans le présent, c’est que le présent contient virtuellement toute l’extension du temps. Et c’est cela que réalise l’invocation : au lieu de se reporter horizontalement au passé, elle s’adresse verticalement à l’Essence qui régit le passé comme l’avenir.

On pourrait dire la même chose de chaque pratique rituelle : la plongée de l’âme au fond de l’instant permet de renouer le contact avec le divin, et par là, avec l’éternité. Le fait même d’effacer notre ego permet à la conscience de s’ouvrir, et d’être de nouveau irradiée par les Lumières divines.

Ce mécanisme du retour vers Dieu est d’ailleurs une constante dans l’islam. Le repentir n’y est pas synonyme de culpabilisation, et il n’y a pas de rédemption à rechercher. Il s’agit simplement, et dans tous les cas, de revenir à Dieu. Le Coran nous dit que Dieu est Celui qui revient sans cesse vers le pécheur repentant, et incite celui-ci à faire de même. C’est d’ailleurs ce retour, dans sa modalité ultime, qui est encore évoqué par la formule sacramentelle que l’on prononce lorsque l’on se trouve confronté à la mort d’un proche : « En vérité, nous sommes à Dieu, et nous retournons à Lui ».

L’amour humain est un reflet nostalgique de cet Amour absolu qui brûle le cœur du serviteur de Dieu, et le transforme en cendres. Le secret de la spiritualité islamique réside en effet dans la servitude foncière, ontologique, de l’homme par rapport à Dieu. Plus on s’en remet à Lui, plus Il nous prend en charge ; plus on se déleste de nous-mêmes, plus Il nous investit ; plus on s’abaisse, plus Il nous élève. Les pratiques vont dans le sens de ce dépouillement intérieur. Il s’agit d’adopter une attitude pleinement active, mais sans réclamer le résultat de nos actions. Il est aussi essentiel d’agir dans le sens de ce qui nous semble juste, que d’accepter par avance le fait que le résultat de nos actions soit différent de celui escompté.

Pour celui qui est ainsi consumé d’Amour, la mort physique n’a plus le même sens. Si l’âme accompagne nécessairement le corps, auquel elle confère le mouvement, l’esprit est la source de la vie : quand il sort du corps, la vie s’éteint. C’est quand l’âme, du vivant du corps, se marie à l’esprit et se fond en lui, que l’on parle de mort initiatique ou de délivrance.

Pour ceux qui ont perçu le processus de perfectionnement de l’âme et en ont parcouru les étapes, leur âme a conscience de la place qui lui est réservée et la mort, c’est-à-dire le moment ou l’esprit « ar-rûh » quitte sa prison, est si douce qu’elle leur procure une extase spirituelle indescriptible. Libérée de sa geôle, l’âme se sent alors légère et libre, elle est attendue et accueillie dans le monde spirituel.

Il est vrai que Dieu est partout, cependant Il reste voilé pour ceux qui ne se sont pas purifiés. Tant que nous n’avons pas trouvé Dieu en nous-mêmes, nous ne devons pas nous attendre à le trouver ailleurs. Tel est le sens de notre vie, ce dépassement sans fin dans la quête de l’Unique.

par Bruno Dassa

Publié dans : Bruno Dassa, L' autre islam | le 29 août, 2009 |Pas de Commentaires »

La révélation de Baha Ullah

fstv4.jpg

 

Je vous indique donc la marque sacrée et resplendissante des plans de la gloire, afin de vous attirer dans la cour de la sainteté et de la proximité de la beauté, et vous amène à la place où vous ne verrez rien dans la Création exceptée le Visage de votre Bien-aimé!

Que la paix soit sur lui qui suit le Droit Chemin!

Le vrai chercheur ne recherche rien d’autre que l’objet de sa recherche, et l’amoureux n’a aucun désir excepté l’union avec son Bien-aimé.

Aussi nul chercheur n’atteindra son but à moins qu’il renonce à toutes choses. C’est-à-dire, peut importe ce qu’il a vu, entendu, et compris (avant), il doit y renoncer, afin qu’il puisse entrer dans le royaume de l’esprit, qui est la Cité de Dieu!

Le travail est nécessaire, si nous voulons le chercher; l’ardeur est nécessaire, si nous voulons boire le miel de la réunion avec Lui; et si nous goûtons à cette tasse, nous enverrons le monde au loin.

Dans ce voyage le voyageur demeure dans chaque terre et habite chaque région. Dans chaque visage, il cherche la beauté d’un Ami; dans chaque pays il recherche le Bien-aimé. Il joint chaque groupe, et y cherche la camaraderie avec chaque âme, en espérant que dans certains esprits il pourra y découvrir le secret de l’amitié, ou dans un certain visage il pourra y voir la beauté de l’Aimé.

Et si, avec l’aide de Dieu, il trouve sur ce voyage une trace de l’Ami sans trace, et inhale (Son) parfum… — il entrera immédiatement dans la Vallée de l’Amour et sera dissout dans le Feu de l’Amour.

Comme il est étrange que pendant que le Bien-aimé est visible en tant que Soleil, l’insouciant cours toujours après les ornements clinquants et les métaux de base!

Libérez-vous des choses (“terrestre”), de vos passions et désirs; ensuite, avancez vers votre Seigneur!

Purifiez-vous de tout excepter Lui — que vous puissiez abandonner votre vie dans Son Amour!

La pauvreté, dans la situation présente, signifie d’être pauvre en choses de ce monde, riche en les choses du monde de Dieu.

Car quand le vrai amoureux et ami dévoué atteint la présence du Bien-aimé, la beauté scintillante de l’Aimé et le feu du cœur de l’amoureux allumeront une flamme qui brûlera tous les voiles et enveloppes. En effet, tout ce qu’il a, de la peau jusqu’au cœur, sera mise à feu, de sorte que rien ne demeure excepté l’Ami.

Retirez-vous en arrière du seuil de l’Être Vrai si vous possédez toujours des qualités “terrestres”.

En vérité nous sommes de Dieu, et à Lui nous devons retourner!

Rien ne peut nous arriver à part ce que Dieu nous a destiné.

… Un des prophètes de Dieu a demandé: “Ô mon Seigneur, comment pouvons-nous Vous atteindre?” Et la réponse est venue, “laissez-vous derrière — alors pourrez-vous vous approcher de Moi!”.

… L’amour est une Lumière qui ne demeure jamais dans un cœur possédé par la crainte.

Que la Paix soit sur lui qui suit le Droit Chemin!

Publié dans : Non classé | le 29 août, 2009 |Pas de Commentaires »

Pourquoi un maitre ?

festv4.jpg                         LES CONFRÉRIES

Tel est le climat de la spiritualité soufie : Dieu sensible au cœur — en entendant justement ce terme (qalb, en arabe, dil, en persan) au sens pascalien d’intuition, de « fine pointe » de l’âme. Dieu est recherché ardemment tout au long d’un pèlerinage mystique jalonné d’étapes, qui sont elles-mêmes « colorées » par une certaine tonalité, ou disposition intérieure. Dans la pratique, l’appartenance au soufisme, en dehors de cas isolés, se traduit par l’appartenance à différentes « voies » (tariqa) : « Chaque grand maître à partir duquel on distingue une chaîne initiatique particulière a autorité pour adapter la méthode aux aptitudes d’une certaine catégorie d’hommes doués pour la vie spirituelle. Les diverses voies correspondent donc aux diverses vocations et sont toutes orientées vers le même but. » (Titus Burckhardt)

Le terme arabe de tariqa, signitiant chemin, route, voie, a pris deux acceptions techniques successives en mystique musulmane. Dans la première, selon Louis Massignon, il désigne une méthode de psychologie morale pour guider chaque vocation individuelle, en traçant diverses étapes de la pratique littérale de la loi révélée jusqu’à la Réalité divine. Il en est ainsi aux ixe et xe siècles de notre ère, et les noms des grands soufis Jonayd, Hallâj, Sarraj, Kushairi, Hudjwiri sont ceux de maîtres en mystique. Dans sa seconde acception, le terme de tariqa désigne, à partir du xie siècle, l’ensemble des rites d’entraînement spirituel préconisés dans les diverses congrégations musulmanes qui commencent dès lors à se fonder. Par extension, il est devenu synonyme de confrérie, il désigne une vie commune fondée sur des prescriptions spéciales, sous l’autorité d’un maître commun. L’appartenance à une de ces confréries peut entraîner la résidence dans un monastère, généralement pour des périodes plus ou moins longues, très rarement pour toute la vie, la plupart des adhérents étant mariés. Des centaines de confréries furent fondées ; plusieurs d’entre elles comptent encore aujourd’hui des adhérents par milliers. Chacun d’eux est en principe astreint à suivre certaines règles de méditation, de prières, etc., et assiste aux réunions périodiques de sa tariqa.

LE ROLE DU MAITRE

Les traités de soufisme décrivent minutieusement la règle à suivre dans chaque couvent. Le rôle du maître (pir, en persan ; murshid, en arabe) qui le dirige et à qui est due une obéissance absolue, consiste à adapter les exercices aux besoins spirituels et aux capacités des disciples ou murids. Mais les liens entre maître et disciple soufis sont bien plus étroits que ceux qui peuvent attacher à un « directeur de conscience » au sens ordinaire de ce terme. Il ne s’agit pas seulement de l’enseignement d’une méthode conformément aux aptitudes d’hommes aspirant à une vie spirituelle, mais d’une transmission initiatique, de la communication d’une influence spirituelle, d’un influx divin (baraka) que peut seul conférer un représentant d’une « chaîne » (silsila) remontant au Prophète lui-même. Pratiquement, cette initiation est symbolisée par l’investiture, la remise par le maître au disciple de la khirqa, le froc de bure. Pour qu’il puisse valablement le faire, il faut que le maître soit lui-même digne d’imitation, c’est-à-dire qu’il doit connaître parfaitement, tant au point de vue théorique que pratique, les trois phases de la vie mystique — La Loi, la Voie et la Vérité. Il lui faut être entièrement délivré de ses appétits charnels, de sorte que rien de son moi inférieur ne demeure en lui. Quand un tel shaikh est parfaitement au courant des actes et des pensées d’un disciple, et sait qu’il est digne de progresser dans la Voie, il pose la main sur sa tête et le revêt de la khirqa, témoignant ainsi qu’il mérite de s’associer aux soufis. Lorsqu’un derviche inconnu vient dans un monastère ou une association de soufis, on lui demande : « Quel est le maître qui t’a instruit ? » et « De quelles mains as-tu reçu la khirqa ? »

Le murid est ainsi dit fils du shaikh. Cette notion de maître et disciple répond à la structure même de l’Être, il y a dédoublement du Seigneur et du Vassal qui aspirent l’un vers l’autre. « Le shaikh est ton Créateur », dit Ibn’Arabi. Comme l’écrivait Barrès, une congrégation « enregistre et transmet à travers les siècles le fluide particulier de son fondateur ». En outre, comme le note le professeur Nicholson, chaque murid a ses amis, et toute la communauté soufie constitue une fraternité indivisible, de sorte que le moindre adepte se sent uni spirituellement au hiérophante le plus exalté. Les soufis se regardent comme le peuple choisi de Dieu ; ils se sentent aimés par Lui, et s’aiment les uns les autres en Lui. Le lien entre eux ne peut jamais être brisé, car c’est un mariage d’âmes qui a été conclu au ciel.

L’APOLOGUE DES TROIS PRINCES

L’enseignement des maîtres tend à faire accéder le disciple à une connaissance mystique — marifat — qui constituera la seconde naissance, la naissance spirituelle. Cette maïeutique a très souvent recours à des apologues, susceptibles d’interprétations de plus en plus profondes, qui ne s’excluent pas les unes les autres, mais se com¬plètent. Ici encore, il s’agit de déchiffrer des symboles valables sur plusieurs registres. Voici par exemple, une parabole due au maître des derviches tourneurs, Jalal-od-Din Rûmi, dont nous avons déjà parlé. C’est l’histoire des trois princes et de la citadelle merveilleuse. Il y avait, est-il raconté dans le Mathnavi, trois frères. Le roi, leur père, possédait sur son territoire une forteresse dans laquelle il était absolument interdit de se rendre. Les trois princes, sachant que c’était interdit, avaient d’autant plus envie d’y aller. Lorsqu’ils y furent parvenus, ils virent que cette citadelle avait dix portes. Une fois celles-ci franchies, ils découvrirent de magnifiques peintures qui les remplirent d’émerveillement, et notamment le portrait d’une jeune fille dont la beauté les éblouit et les enflamma d’amour. S’étant informés, ils apprirent qu’il s’agissait de la princesse de Chine, gardée recluse dans une tour par son père l’empereur. Ils décidèrent aussitôt de partir pour la Chine. Après avoir attendu longtemps dans la capitale, l’un des princes, à bout de patience, vint se jeter aux pieds de l’empereur. Celui-ci le traita avec tendresse et le jeune homme devint de plus en plus enivré d’amour. Le jeune prince finit par en mourir. Le frère cadet étant malade, le second frère assista seul aux funérailles. L’empereur lui témoigna la même bienveillance, et le combla de dons. Peu à peu, ce prince en conçut de l’orgueil et donna des preuves d’ingratitude. L’empereur en fut indigné et, sans le vouloir, lui infligea une blessure mortelle. Le troisième frère était le plus paresseux de tous. Il ne fit rien, et pourtant ce fut lui seul qui réussit à atteindre le but ; l’histoire ne nous dit pas comment. Jalal-od-Din Rûmi a repris ici un thème folklorique très connu. Ce qui est important, c’est moins l’anecdote que le commentaire donné par le sage soufi. Il explique tout d’abord que c’est l’attrait des choses défendues qui incite à leur recherche ; l’itinéraire spirituel aussi est une aventure. Les princes se sont lancés sans guide dans leur quête ; c’est fort dangereux. Les dix portes de la citadelle représentent les cinq sens externes et les cinq sens spirituels. Les peintures sont les formes et les couleurs du monde par lesquelles l’âme risque d’être ensorcelée et détournée de sa véritable voie. Traditionnellement, la Chine désigne dans le soufisme le domaine spirituel, alors que l’Égypte est le domaine matériel. Quant aux trois princes, le premier est mort d’amour ; le second initié aux mystères par le roi, est perdu par sa présomption. La pointe de l’apologue est ici : pourquoi le troisième prince a-t-il remporté une victoire complète, alors qu’il était le plus paresseux ?

Ce que Rûmi appelle ici paresse, on pourrait à meilleur escient l’appeler passivité. Il y a quelque chose d’infiniment passif, d’absolument abandonné, dans l’âme du mystique qui appelle la grâce, ce don de Dieu, et c’est là une sorte de virginité, d’offrande de soi, comparable à l’atti¬tude de Marie devant l’ange de l’Annonciation.

Ainsi que le dit le commentaire d’Ismaël d’Ankara : « Lorsque la parole de Dieu pénètre dans le cœur de quelqu’un et que l’inspiration divine emplit son cœur et son âme, sa nature est telle qu’alors est produit en lui un enfant spirituel ayant le souffle de Jésus qui ressuscite les morts. » Si le petit prince paresseux parvient seul à remporter la victoire, c’est qu’il n’a pas compté sur ses propres efforts : il est resté « passif » et disponible à la grâce divine qui a pu le saisir.

Publié dans : Non classé | le 29 août, 2009 |Pas de Commentaires »

Pourquoi ne comprennent ils pas le soufisme ?

logo5.jpg                    TOUT EST SIGNE DE DIEU

Tout est signe pour celui qui sait voir : « Nous savons, dit Ibn’Arabi, maître soufi du xiiie siècle, que Dieu s’est décrit lui-même comme l’Extérieur (al-Zahir) et comme l’Intérieur (al-Batin) et qu’il a manifesté le monde à la fois comme intérieur et comme extérieur, afin que nous connaissions l’aspect intérieur (de Dieu) par notre propre intériorité et l’extérieur par notre extériorité. Nous leur montrons, dit le Coran, nos signes aux horizons et en eux-mêmes… »

Le livre saint fait constamment appel à cette prise de conscience :

« De quelque côté que tu te tournes, là est la Face de Dieu… En vérité, dans la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans les navires qui parcourent les mers avec ce qui est utile à l’homme, dans la pluie que Dieu fait descendre du ciel pour rendre vie à la terre qui était morte et répandre sur elle toutes sortes d’animaux, dans le changement des vents, dans les nuages qui sont astreints au service entre le ciel et la terre, dans toutes ces choses, il y a des signes pour ceux qui comprennent. » (Coran, II, 109, 159).

AU CŒUR ÉPRIS D’AMOUR

Mais cette immanence de Dieu au monde n’est perceptible qu’aux yeux purifiés. Ainsi que le dit Rûmi, le soufi persan : « Si tu bois, assoiffé, de l’eau dans une coupe, c’est Dieu que tu contemples au sein de l’eau. Celui qui n’est pas un amoureux (de Dieu) ne voit dans l’eau que sa propre image. » Seuls les yeux dessillés peuvent découvrir que « l’univers est le livre de la Vérité très haute ». Seul le cœur poli par l’ascèse est susceptible de devenir ce miroir sans tache où se reflétera le divin. Le soufisme a toujours fait une large place aux pratiques de mortification. Ce caractère ascétique est particulièrement marqué au début du mouvement, en réaction contre la décadence religieuse et la corruption des mœurs qu’avait entraînées, au Ie siècle de l’Islam, l’extraordinaire extension des conquêtes.

Une pieuse femme de Basra, Rabi’a (morte en 801) s’adressait ainsi à Dieu :

« Je t’aime de deux amours : amour visant mon propre bonheur et amour vraiment digne de Toi. Quant à cet amour de mon bonheur, c’est que je m’occupe à ne penser qu’à Toi et à nul autre. Et quant à cet amour digne de Toi, c’est que Tes voiles tombent et que je Te vois. Nulle gloire pour moi, ni en l’un ni en l’autre, mais gloire à Toi pour celui-ci et pour celui-là. »

En témoignant de l’unité divine par la profession de foi, le croyant atteste que la divinité seule est digne d’adoration.

Tel sainte Thérèse d’Avila, « mourant de ne pas mourir », le poète soufi du ixe siècle Dhu’l-Nûn l’Égyptien chante la nostalgie de l’union divine :
« Je meurs, sans que pourtant meure en moi L’ardeur de mon amour pour Toi,
Et Ton amour, mon unique but,
N’a pas apaisé la fièvre de mon âme.
Vers Toi seul mon esprit jette son cri ;
En Toi repose toute mon ambition.

VERS L’UNION MYSTIQUE

Dieu est la seule réalité, le seul but de la quête incessante de l’âme, peu importe la voie qui mène à lui. Les soufis se sont toujours faits les apôtres de la plus large tolérance : « Il y a, dit Jalal-od-Din Rûmi, bien des chemins de recherche, mais l’objet de la recherche est toujours le même. Ne vois-tu pas que les chemins qui conduisent à La Mecque sont divers, l’un venant de Byzance, l’autre de Syrie et d’autres encore passant par la terre ou la mer ? La distance de ces chemins à parcourir est chaque fois différente mais, lorsqu’ils aboutissent, les controverses, les discussions et les divergences de vues disparaissent, car les cœurs s’unissent… Cet élan du coeur n’est ni la foi, ni l’infidélité, mais l’amour. »

Pour le soufisme, l’amour est en vérité l’âme de l’univers. C’est grâce à lui que l’homme tend à retourner à la source de son être. La musique et la danse, la giration des étoiles et le mouvement des atomes, l’ascension de la vie sur l’échelle de l’être, de la pierre à la plante, de l’animal à l’homme, jusqu’à l’ange et au delà — tout est dû à l’amour qui est « l’astrolabe pat lequel se révèlent les mystères cachés ». L’âme éloignée de son ultime réalité tend à la rencontre qui lui révélera que l’amant et l’aimé ne sont qu’un. Un jour, est-il raconté dans l’une des paraboles du Mathnavi’ ; un homme vint frapper a la porte de son ami. « Qui es-tu ? » lui demande celui-ci. Il répond : « C’est moi » — « Va-t’en, je ne te connais pas. » Après un an d’absence, brûlé d’amour et de chagrin, le pauvre homme s’en revient frapper à la porte. « Qui es-tu ? » lui redemande l’ami. Et cette fois, il répond : « Je suis toi — Entre alors, lui dit l’ami, puisque tu es moi : il n’y a pas de place ici pour deux « moi ». »

Le but du soufi, comme de tout mystique, sera de mourir à lui-même pour vivre en Dieu, retrouvant ainsi la source de son être. « Toute chose est périssante, hormis la Face de Dieu », dit le Coran. Le maître de Balkh, Jalal-od-Din Rûmi attendait avec impatience la suprême rencontre avec le Bien-Aimé. Il déclarait : « En vérité, ma mort seule est ma vie. »

La mort, pour les mystiques, c’est la vue de la Vérité Suprême. Comment fuiraient-ils devant cette vue ? Lors de sa dernière maladie, à un ami qui lui souhaitait de recouvrer la santé, Rûmi répondit : « Entre l’amant et l’amante, il ne reste plus qu’une chemise de crin. Ne voulez-vous pas qu’on la retire et que la lumière se joigne à la lumière ? »

Toutefois, si la mort terrestre déchire les derniers voiles, Jalal-od-Din Rûmi rappelle à chaque instant que le royaume de Dieu est au dedans de nous : « On peut voir le Créateur dans chaque objet créé, on peut contempler le soleil des vérités dans chaque atome. »

Publié dans : Non classé | le 29 août, 2009 |Pas de Commentaires »

          La grâce de Dieu

Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
   
Le Soufi laboure le champ du cœur avec le service et la bonté envers les autres, le préparant ainsi à être semé.
Un champ qui est près pour le labour est celui qui appartient à une tradition, comme un Soufi avec son savoir-vivre et son expérience. Puis, la graine du rappel (zekhr) peut être semée là, en attente de la grâce de Dieu pour recevoir l’Amour et la connaissance qui la fera germer. Le rappel de Dieu implique qu’un Zekhr soit transmis au cœur à travers le souffle d’un maître des cœurs.
Pour le Soufi, la grâce de Dieu, proche de sa vraie nature et contenue dans la connaissance pré-éternelle de Dieu, émerge à point nommé. Ainsi il est dit que les oiseaux qui s’échappent de la cage n’atteindront pas tous la portée impalpable de l’essence, mais cela ne sera possible que pour ceux qui auront d’abord tenter de s’envoler.

Publié dans : Dr. Nurbakhsh | le 29 août, 2009 |Pas de Commentaires »

Priére de Moulay Driss Azhar

« O Mon Dieu, fais que cette ville soit la demeure de la science divine ! ».

Publié dans : Moulay Driss Azhar | le 29 août, 2009 |Pas de Commentaires »

Citation de Dominique de Villepin .

Plongeant dans l’histoire, M. Dominique de Villepin a estimé que tout le monde se rappelle de « cette Andalousie heureuse, ce temps où nous étions capables de vivre en paix ensemble, en utilisant ce qui était le meilleur de nos civilisations, en faisant parler nos cultures, en faisant parler nos religions respectives et tout ceci dans un esprit de respect et de tolérance. C’est à cela qu’il faut travailler aujourd’hui, du fait que sur les deux rives de la Méditerranée, nous avons tant de complémentarité entre nous, nous avons tant de choses à faire ensemble, et puis nous avons aussi tant à apprendre les uns des autres. Il faut que nous soyons tous à la hauteur de ce message de paix et d’espoir. Ces 12 siècles viennent aujourd’hui l’appuyer et donner de l’énergie à chacun d’entre nous .

 

                                                                fest3.jpg

Publié dans : Dominique de Villepin | le 29 août, 2009 |Pas de Commentaires »

video

http://www.dailymotion.com/video/x97suz_swiri-et-zeggaf-au-festival-de-la-c_creation

Publié dans : Non classé | le 28 août, 2009 |Pas de Commentaires »
12

Rimbaud & variations |
annes38 |
écrivaillon |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La vie est trop courte pour...
| Discours sur le colonialisme
| marielle6